Les élections se dérouleront au niveau des sièges des fédérations, dans un scrutin à deux tours lorsqu’aucun des candidats ne parvient pas à avoir la majorité des voix.

Selon Jugurtha Abbou, chargé à la communication au parti, «il s’agit d’une pratique démocratique qui est réhabilitée après plusieurs années». En effet, depuis les années 2000, le parti n’a jamais organisé des primaires pour choisir ses candidats aux sénatoriales. C’était à chaque fois, la direction, si ce n’est un petit noyau, qui s’en occupait en recourant au mode de désignation. Un procédé qui n’est pas bien accepté par tous.

C’est dire que ces primaires auront à mettre fin à la contestation et aux mécontentements qui pourraient naître du choix. L’actuelle direction nationale, issue du dernier congrès extraordinaire, ne veut pas prendre le risque d’avoir sur le dos des militants et cadres locaux qui contesteraient ses choix. Mais, le porte-parole du FFS l’explique autrement. Pour lui, «cela prouve que l’engagement pris par la direction au lendemain du congrès extraordinaire est respecté». M. Abbou parle de l’engagement portant «restitution du parti aux militants», une phrase qu’avait lancée Ali Laskri, membre de l’Instance présidentielle (IP) du FFS, homme fort du parti, lors d’une conférence de presse organisée quelques jours après le congrès extraordinaire du 20 avril 2018. C’est donc l’urne qui départagera les candidats à ces primaires. Ils sont d’ailleurs nombreux à prétendre représenter le parti lors des élections du 29 décembre prochain portant renouvèlement partiel des membres du Conseil de la nation.
Si pour les wilayas d’Alger, Boumerdès, Bouira et de Sétif, on ne compte que deux candidats, à Tizi Ouzou et à Béjaïa par contre, l’on compte respectivement 5 et 9 candidats. La concurrence est des plus rudes, nous dit-on. Des sources internes évoquent à l’occasion «une bataille féroce» entre l’actuelle direction et les cadres écartés après le congrès, en l’occurrence ceux qui incarnaient le fameux «cabinet noir». Ces derniers essayent, en fait, de se replacer en soutenant des candidats qui leur sont proches. A Boumerdès, par exemple, c’est le maire de Naciria, Belkacem Benameur, qui est poussé par les Baloul et consorts, face à l’actuel fédéral, Salah Bida, qui, lui, est soutenu par la direction d’Ali Laskri. Pour la wilaya de Tizi Ouzou où le P/APW, Youcef Aouchiche, n’est pas de la course à la candidature, son vice-président, Rabah Menaoum, ancien maire de la commune de M’kira, s’est lancé dans la compétition. C’est d’ailleurs le candidat que préfère voir l’emporter l’ancien noyau dirigeant du FFS. Mais, il n’aura pas la tâche facile face à Youcef sahli, élu à l’APW, qui bénéficie d’un grand soutien parmi les élus et, «discrètement», de la direction nationale, indiquent nos sources. A Béjaïa, aussi, la bataille en coulisses est presque sur toutes les lèvres. Parmi les 9 candidats, il se trouve que deux sont les plus favoris : le maire de la commune de Beni Ksila, qui semble avoir derrière lui la direction nationale, puis, l’élu à l’APW, Abdennour Derguini, soutenu par certains députés et cadres écartés des postes de responsabilité.
Mais, si pour Béjaïa, le FFS a toutes les chances de préserver son poste de sénateur, à Tizi Ouzou, par contre, sa mission sera compliquée. Et pour cause, la candidature de l’actuel maire indépendant de la commune du chef-lieu, Ouahab Aït Menguellet, soutenu par les élus du RND et d’autres formations politiques du pouvoir (en attendant le FLN), est une donne qui ne fait que minimiser les chances du plus vieux parti de l’opposition. Pourtant, Jugurtha Abbou reste confiant, mettant en avant «la discipline partisane des élus du FFS» qui, selon lui, fera la différence face au candidat indépendant.