Houleuse a été, avant-hier, la rencontre, à l’hôtel Sabri, des quelque 180 élus FLN, réunis pour les primaires, et qui devaient choisir le futur candidat aux sénatoriales qui auront lieu au mois de décembre. Altercations, propos virulents, noms d’oiseaux et autres insultes ont fusé lors de cette réunion, qui s’est terminée en queue de poisson, les participants ayant quitté la salle sans que le vote n’ait eu lieu.

Les 17 élus censés se présenter à ces primaires, et pour lesquels il y a eu consensus, ont été «dégommés» pour être remplacés par d’autres, parmi lesquels l’actuel mouhafad Hamidani Zeroual, et l’ex-secrétaire général (déchu) du syndicat d’entreprise Sider, Ammouri Noureddine, le poulain du tonitruant député d’Annaba, Baha Eddine Tliba. Exit donc des autres candidats, tels que le président de l’APW, Hammoud Abdennacer, et Merabet Farid, pourtant militants de longue date et forts du soutien de leurs co-élus, ce qui aurait permis à l’ex-parti unique d’arracher haut la main le siège de sénateur puisque détenant la majorité.
Cette situation a provoqué le courroux des élus, qui ont accusé le superviseur mandaté par la direction du parti, en l’occurrence Adem Goubbi, sénateur de Ouargla et membre du bureau politique du FLN, d’être de connivence avec le député Tliba. «Nous ne voulons pas de la «chkara», c’est nous les élus qui choisissons. Il ne peut y avoir d’interférence ou d’intervention dans cette primaire», a lancé un élu au micro et à haute voix devant l’assistance. Un tonnerre d’applaudissements s’en est suivi avant que ce dernier n’invite ses pairs à quitter la salle. Le superviseur a appelé au calme tout en proposant de revoir la liste et d’y apporter les rectifications nécessaires, mais le mal était déjà fait et tout le monde a quitté les lieux laissant seuls Goubbi et Tliba. Une lettre signée par l’ensemble des protestataires a été adressée au secrétaire général du parti pour lui demander de remplacer le superviseur désigné, accusé de complicité avec le député Tliba,
qui veut à tout prix que son protégé soit catapulté à la chambre haute du Parlement. Affaire à suivre