Pour une fois, la bataille pour les sénatoriales n’aura peut-être pas lieu. En effet, le grand gagnant des élections locales, le FLN, qui détient de ce fait tous les atouts en main, a décidé d’organiser des primaires pour désigner un sénateur pour Constantine.

Pour le moment, il y a une union derrière les candidats proposés, des candidats apparemment cooptés par la centrale, pour ne pas dire par Ould Abbès lui-même. Car, en s’intéressant aux candidats et à leur cursus, on est en droit de se demander si les sourires de mise et les poignées de main conjoncturelles ne sont pas qu’une entente de façade, une mise en scène destinée à la «base». Une base qui s’est rebellée lors des dernières élections locales, estimant que les cooptations et la «chkara» sont les seuls critères qui désignent un candidat.
En jetant un œil à la liste des cinq candidats aux primaires des sénatoriales, nous sommes confortés dans nos doutes et les suspicions des militants de base sont avérées.
Le candidat «légitime» dans de pareilles élections se trouve être le président de l’APW, un poste propulseur vers les sénatoriales, sachant que depuis l’avènement du multipartisme, pratiquement tous ceux qui ont pris en main l’Assemblée populaire de wilaya de Constantine se sont retrouvés à la Chambre haute. Nadir Amirèche, pour ne pas le nommer, a de grandes chances de sortir vainqueur des primaires, mais avec l’intronisation par Ould Abbès, lui-même, de son meilleur ennemi au bureau politique, Ahmed Kharchi. Ce dernier, actuellement aussi responsable de la 2e mouhafadha, celle de Khroub, a été écarté de son poste de membre de l’APW pour une affaire supposée de détournements de fonds publics au niveau de l’Onou. Il y reviendra quelques semaines plus tard, triomphant, avec le titre de membre du bureau politique en plus. On ne voit vraiment pas qui pourrait lui barrer la route des sénatoriales, une route qui sera pavée sûrement des «recommandations» du secrétaire général du FLN, empreintes d’oukases.
Pour les sénatoriales du 29 décembre 2018, les jeux semblent déjà être faits, et les autres candidats, même avec un passé très riche au sein du Front, ne pourront pas faire le poids face aux injonctions des décideurs du FLN. Mourad Kherrab, un transfuge qui s’est retrouvé au FLN, présentement président de la commission de la formation professionnelle à l’APW, sera, à n’en pas douter, un lièvre. Tout comme Fatiha Chaïb, élue à plusieurs reprises à l’APC de Didouche-Mourad, une vraie militante de base, médecin de son état et enfin, Rabah Djaâfer, président de l’APC de Beni Hmidène.
La réunion qui a regroupé les candidats et quelques cadres du FLN au sein de la mouhafadha centre s’est faite, comme rapporté par un militant, sous le signe de la solidarité «entre les frères». Notre interlocuteur, qui ne doute pas de l’élection de Kharchi, estime quand même que Nadir Amirèche n’a pas encore dit son dernier mot. «Au FLN, tout est possible, nous dira-t-il. Il se peut que Amirèche soit coopté sénateur et que l’APW revienne à Kharchi. C’est une éventualité à ne pas écarter. Bien que je pense qu’Ould Abbès a déjà opté pour son poulain Kharchi Ahmed.»

Réunion de la mouhafada de Tlemcen
Le P/APW Mohamed Bekhchi plébiscité
Par El Halloui Tlemçani
La mouhafada du FLN de Tlemcen a organisé, jeudi 8 novembre, au sein de l’auditorium du PNT de Lalla Setti, une réunion avec les militants du parti en prévision des élections primaires pour les sénatoriales, qui se tiendront le 29 décembre prochain, pour le renouvellement partiel des membres du Conseil de la nation (sénat).
La réunion a été présidée par la députée Saïda Bounab aux côtés du mouhafed et sénateur Ahmed Ouraghi. Cette réunion, tenue en présence des cadres du parti de la wilaya, a permis d’affûter les armes pour cette échéance électorale et d’évaluer l’état d’avancement des travaux de la commission de candidature avant la tenue des primaires. A ce titre, quatre candidats ont postulé à ces joutes électorales.
Les dossiers de trois d’entre eux ont été rejetés. Ils ne remplissent pas les conditions et critères fixés par la direction centrale du parti, dit-on. Seule la candidature de l’actuel président de l’APW de Tlemcen et ex-député, Mohamed Bekhchi, a été retenue.
Il fait l’unanimité autour de lui parmi les élus locaux, et les élections primaires seront une simple formalité pour entériner sa candidature. Les 500 élus-électeurs que compte le parti seront appelés aux urnes pour renouveler un 1/3 des 144 membres composant le Sénat, répartis en deux représentants par wilaya, aux côtés des membres du tiers restant, qui sont désignés par le président de la République parmi les personnalités nationales influentes.