PAR NAZIM BRAHIMI
Sommé par le ministère de l’Intérieur à l’effet de se conformer à la législation en vigueur relative aux partis politiques, le Parti socialiste des travailleurs (PST) a tenu, hier à Alger, son congrès extraordinaire au cours duquel il a été procédé à l’élection de ses instances dirigeantes nationales.
Les responsables du parti de gauche ont expliqué, à l’entame des travaux, les contours et les enjeux de ce rendez-vous pour lequel les choses semblent s’être accélérées, précisant aux congressistes présents au siège du parti, qu’il ne s’agit que d’une «procédure de conformité» et que le congrès «à tenir sans contraintes administratives aura lieu avant la fin de l’année en cours».
Le parti pointe, cependant, une «campagne de pressions sur les partis politiques et les forces sociales» qui ont tourné le dos aux élections législatives de juin prochain. Pour le PST, ces «pressions juridiques et administratives constituent une escalade dans l’autoritarisme et les atteintes aux libertés démocratiques à l’approche du scrutin du 12 juin prochain», a indiqué le parti dans un communiqué.
Il a relevé, dans le même contexte, que les lois en vigueur, notamment celles régissant les partis politiques, constituent «une entrave au libre exercice des libertés et des droits démocratiques, notamment la liberté d’organisation en partis politiques ou en association qui devraient obéir à un régime déclaratif».
Pour le PST, il appartient «aux seuls citoyens adhérents d’un parti ou d’une association de décider des aspects organisationnels et non pas à l’administration qui par le biais de ses injonctions porte atteinte en réalité aux principes constitutionnels relatifs aux libertés et aux droits des citoyens».
Retraçant les étapes de cet épisode, le PST a indiqué avoir été saisi par le ministère de l’Intérieur lui demandant de mettre en œuvre «les procédures organisationnelles statutaires afin de se conformer avec la législation en vigueur relative aux partis politiques».
Le parti dirigé par Mahmoud Rechidi a répondu en entamant les démarches nécessaires faisant part aux services de l’Intérieur de sa «volonté» et disposition à engager les procédures demandées.
Le PST a estimé qu’«au-delà de l’aspect juridique et réglementaire, cette démarche du ministère ne semble pas tenir compte du contexte de pandémie de la Covid-19 et de ses restrictions sanitaires et sociales, dont l’impact réduit évidemment nos activités organiques».
Il soutient cependant que «c’est au niveau du contexte politique, marqué notamment par la préparation des législatives du 12 juin prochain, qu’on pourrait trouver les explications à cette campagne de pressions sur les partis politiques et les forces sociales qui ont appelé à ne pas participer à ces élections et qui proposent, à l’instar de notre parti, une transition démocratique et l’élection d’une assemblée constituante souveraine».
La riposte de Zoubida Assoul
Pour sa part, l’Union pour le changement et le Progrès (UCP) a réagi au communiqué du ministère de l’Intérieur qui lui a reproché d’activer dans «l’illégalité».
Sa présidente Zoubida Assoul a évoqué dans sa réaction ce qu’elle considère comme «un acharnement et une propagande médiatique pour la discréditer». Tenant une réunion d’urgence suite au communiqué du département de Beldjoud, le bureau exécutif de l’UCP a estimé qu’il s’agit d’une «tentative du pouvoir de désinformer l’opinion publique quant à la régularité des activités du parti et de sa présidente».
En ce qui concerne le communiqué de l’Intérieur, l’UCP considère qu’il présente des incohérences tant sur la forme que sur le fond. Dans le fond, le parti souligne avoir répondu «favorablement à la mise en demeure du ministère de l’Intérieur datée du 25 mars dernier et notifiée par un huissier de justice», le sommant de régulariser «la situation juridique du parti» en organisant son congrès dans un délai de quinze jours.
«L’UCP a tenu son congrès le 10 avril en présence d’un huissier de justice et ce, conformément à la loi organique du 12-04 relative aux partis politiques», rappelle-t-il, ajoutant qu’il a procédé à «la publication des amendements de ses statuts votés par le congrès dans deux quotidiens nationaux comme l’exige l’article 36 de la loi organique sur les partis politiques».
Le ministère de l’Intérieur avait annoncé jeudi, dans un communiqué, avoir lancé des «procédures judiciaires» contre l’UCP qui «n’a pas donné suite à la mise en demeure qui lui a été adressée concernant la conformité de son statut juridique». n