Le nouveau coronavirus, qui a infecté plus de 17,6 millions de personnes dans le monde et abouti à 680 000 morts, empêche encore les responsables de l’OMS de dormir. Cette dernière continue de supputer que le risque posé par la Covid-19 «est très élevé» à travers son comité d’urgence, composé de 18 membres et 12 conseillers.

En l’état actuel de la pandémie, l’Organisation mondiale de la santé ne peut que «souligner l’importance d’une réponse qui doit être nationale, régionale et globale» à l’épidémie qui a pris de court tous les systèmes de santé mondiaux.
L’OMS, réunie samedi à Genève, a prévenu et confirmé que la pandémie de coronavirus allait probablement être «très longue». Ce même comité d’urgence a sollicité l’OMS afin de fournir à tous les pays des instructions rationalistes sur la façon de répondre à la pandémie, «afin de réduire le risque que les réponses à l’épidémie ne s’affaiblissent, dans un contexte de pressions socio-économiques».
Face aux incertitudes scientifiques et les nombreuses zones d’ombre qui caractérisent encore le nouveau coronavirus, le comité recommande en conséquence à l’OMS d’accélérer les recherches sur les points encore inconnus du virus, notamment son origine animale, qui n’est pas encore prouvée, et ses hypothétiques moyens de diffusion par voie animale.
La réunion du comité, qui a duré six heures, s’est déroulée au siège de l’OMS à Genève, avec certains participants reliés par vidéo, Covid-19 oblige. Il est prévu qu’il se réunisse à nouveau dans trois mois.
Le Directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus est encore revenu sur le sujet de l’heure en déclarant que «cette pandémie est une crise sanitaire comme on n’en voit qu’une par siècle et ses effets seront ressentis pour les décennies à venir».
Décompte morbide et économies en berne
Voyant tantôt le verre à moitié plein, tantôt à moitié vide, il pense aussi que «de nombreuses questions scientifiques ont été résolues, nombreuses sont celles qui attendent encore de l’être et la plupart des habitants de la planète peuvent être touchés, même ceux qui n’habitent pas dans des zones durement affectées».
Côté décompte macabre, le Mexique est devenu le troisième pays en termes de décès liés au coronavirus, avec 46 000 morts, mais loin derrière les Etats-Unis, avec 153 268 morts, et le Brésil 91 263.
Côté sérénité, le Vietnam et l’archipel des Fidji ont, quant à eux, chacun annoncé leur… premier mort vendredi.
Ne surfant plus que sur la santé, le Directeur de l’OMS a aussi touché au volet économie, où il notera «un plongeon historique, avec une forte chute du PIB de la zone Euro et les Etats-Unis, en raison du coronavirus dont les effets se feront sentir pendant des décennies».
En effet, les statistiques économiques mondiales donnent le tournis. La zone Euro a enregistré au deuxième trimestre une chute de 12,1% de son PIB, produit intérieur brut, résultat des mesures de confinement. En France, la baisse est de 13,8%, en Espagne 18,5%, en Allemagne, le géant et référence économique de l’Europe, de 10,14%. Aux Etats-Unis, le confinement a entraîné une dégringolade du PIB de 32,9% sur la même période.
Dans ce sombre tableau, seul le Canada, déjà en pleine croissance post-Covid, a enregistré en mai une croissance de 4,5% par rapport à avril, après deux mois de déclin prononcé.
Les compagnies qui étaient jadis fleuron de l’économie de leurs pays respectifs sont aussi en pleine récession, comme le suédois Scania, le constructeur de poids lourds qui a confirmé un plan de 5 000 suppressions de postes dans le monde, ou encore Boeing et Renault dans le domaine des transports.
Demandez le vaccin !
Sur le front médical et… économique, signe de la compétition intense entre les Etats, les contrats s’amplifient pour tenter de s’assurer un accès à un conditionnel vaccin contre la Covid-19.
L’accord annoncé entre Sanofi et GSK avec les Etats-Unis, (France, Grande-Bretagne et E.U., ndlr) pour un financement supérieur à deux milliards de dollars illustre la course au jackpot. Les laboratoires français et britannique vont recevoir jusqu’à 2,1 milliards de dollars des Etats-Unis contre la fourniture initiale de 100 millions de doses aux Américains.
L’Union européenne a annoncé vendredi avoir assuré la réservation de 300 millions de doses de vaccins auprès de Sanofi et de GSK pour 2021. Le Japon a, quant à lui, conclu un accord avec l’alliance germano-américaine Biontech/Pfizer pour se garantir 120 millions de doses de leur éventuel vaccin contre la Covid-19.
Du haut de leur sous-développement, les pays en voie de… développement, et dans ce challenge inégal, essaye de se positionner bien que la plupart n’ont pas les moyens de financer des contrats si importants, renforçant les appréhensions de se voir servis en dernier. n