La Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur Coface prévoit dans son évaluation de l’économie mondiale que le prix du baril de Brent pourrait toucher les 75 dollars en moyenne en 2019. Dans son « Guide Risques Pays & Sectoriels 2019 », présenté hier à Paris lors de son 23e forum, la Coface a estimé que le taux de 75 dollars est « suffisant » pour éviter à de nombreux pays exportateurs de pétrole de « devoir couper dans leurs dépenses publiques afin de compenser les recettes liées aux matières premières ». Pour cet organisme, l’accord de l’Opep pour la réduction de la production afin de contenir les prix a été respecté par la Russie et l’Arabie saoudite.
« Les prix mensuels du Brent à fin octobre 2018 avaient augmenté de 28 % par rapport à fin décembre 2017, avant de chuter en fin d’année. Avant que les perspectives de demande mondiale ne se détériorent, les préoccupations géopolitiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, conjuguées à la hausse de la consommation, avaient provoqué une flambée des prix », a noté la Coface. D’un autre côté, la Coface a estimé que l’environnement mondial de l’économie a des effets
« contrastés » sur les économies émergentes. Attirant l’attention sur de « nombreux risques politiques » à surveiller cette année dans le monde émergent la Coface citera en particulier l’Afrique, « où les populations ont désormais davantage de moyens d’exprimer leurs frustrations (triplement du taux d’accès à internet depuis 2010) dans un contexte de calendrier électoral chargé (Algérie, Nigeria et Afrique du Sud notamment) ».
La Coface prévoit par ailleurs que la croissance économique de l’Algérie sera « modérée » en 2019, à 2,3%. L’organisme français maintient le classement du risque Algérie inchangé. « L’augmentation du cours du pétrole a permis à l’économie algérienne de reprendre de l’allant en 2018.
Les recettes d’exportations d’hydrocarbures, qui représentent 93% des volumes exportés, se sont accrues allégeant la pression sur les recettes budgétaires, permettant, ainsi, à l’État de poursuivre sa politique de soutien à l’activité », note la Coface. L’Algérie ne devrait pas profiter de la tendance favorable aux pays exportateurs d’hydrocarbures en 2019, estime par ailleurs la Coface. « En dépit d’un marché pétrolier qui devrait rester favorable aux exportateurs d’hydrocarbures, l’activité algérienne devrait légèrement ralentir en 2019 », prévoit-elle.
La Coface prévoit également une hausse des transferts sociaux dans le contexte de l’élection présidentielle. « L’inflation devrait se stabiliser, mais à un niveau élevé.
La politique de financement non conventionnel (recours à la création monétaire) mis en place en septembre 2017 se poursuivrait pour répondre au besoin de financement de l’État », note le rapport.
Pour la Coface, les mesures prises pour contrôler les importations et l’affermissement des prix des hydrocarbures ont contribué à réduire fortement le déficit commercial. Une baisse qui « devrait se poursuivre en 2019 en dépit d’une légère hausse des importations ». Les IDE en direction de l’Algérie devraient cependant s’accroître, notamment grâce la nouvelle loi d’investissement dans le secteur pétrolier, note la Coface.<