Les bulletins météo se suivent et se ressemblent, point d’annonce de dépression atmosphérique sur l’ensemble du territoire national, du moins pas avant fin février, selon les prévisions de l’Office national de la météorologie (ONM). Cela fera donc plus de deux mois (décembre et janvier) que le ciel n’est pas clément en matière de pluviométrie. En somme, le pire est à craindre.

Par Bouzid Chalabi
Tout un chacun se demande d’ailleurs si l’on ne va pas vivre la même tension en matière d’alimentation en eau potable (AEP) que celle vécue par les populations durant toute la saison estivale 2021. Et où les citoyens ont dû subir un régime de distribution des plus drastiques. Pour l’heure, les espoirs d’une pluviométrie dans les prochaines semainessont permis si l’on encroît les services de l’ONM. Autrement dit, ces derniers restent optimistes dans le sensoù, pour eux, «l’hiver n’est toujours pas fini». Ils s’appuient dans leur approche«sur la possibilité de combler le déficit pluviométrique enregistré jusqu’ici avec l’arrivée de fortes pluies et chutes de neige au cours du mois de mars prochain. Ce qui permettra de faire l’équilibre avec les précipitations cumulées du mois de novembre passé».Faut-il rappeler au passage, à propos des pluiesde novembre dernier, qu’elles ont été «très conséquentes en termes de volume, atteignant dans certaines régions du pays la moyenne mensuelle», comme l’avait rapporté à l’époque l’ONM.Sur ce dernier point, du côté du Centre climatologique national (CCN) relevant de l’ONM, on a estimé que les pluies qui se sont abattues en novembre dernier «équivalaient aux volumes cumulés de janvier et février 2021». Le CCN avait, également, à propos du déficit pluviométrique que connaît le pays, souligné que les dérèglements climatiques ont pour effet d’augmenter les risques de sécheresse et de hausse de températures. L’impact de ces deux changements est déjà d’actualité depuis 2016 et, plus particulièrement, en 2020 et 2021.En effet n’a-t-on pas assisté, ces deux derniers hivers, à une absence criante de pluie le tout accompagné par des températures très douces qui ont atteint, dans les régions du centre et de l’ouest du pays, 24 à 27. Pas seulement, puisqu’en février 2020, les températures ont atteint 30°C tout le long de la bande côtière ouest du pays. Un épisode météorologique semblable pourrait se reproduire cet hiver. Une prévision que soutient HouariaBenrekta, directrice de la communication de l’ONM, interpellée par une chaîne de télévision privée. Elle a, en effet, avancé : «Le beau temps actuel va se poursuivre et sera, par ailleurs, accompagné par des températures très douces pouvant atteindre les 27°C par endroit du pays.»Cette responsable a en outre précisé, dans ce même sillage, «la période actuelle est certes hivernale mais, toujours est-il, elle se rapproche de la transition saisonnière. C’est-à-dire le passage de l’hiver au printemps plus tôt que prévu». En clair, le temps printanier s’est installé et se poursuivra durant ce mois hivernal de février.A partir de ces données, et même s’il est troptôt de tirer des conclusions, la sécheresse pointe le nez. Seul un miracle en termes de pluviométrie très abondante et prolongée dans le temps pourrait nous éviter de sérieux désagréments tant sur le plan de l’AEP des populations que celui de la production agricole, tributaire soit de la pluie soit de l’irrigation d’appoint. En tout cas, il va falloir s’adapter à la situation de sécheresse en introduisant des mesures à même de fléchir l’impactd’une telle situation. n