La prévention et la lutte contre la corruption font partie intégrante des objectifs assignés au projet de révision de la Constitution, adopté dimanche par le Conseil des ministres. Cette démarche s’avère aujourd’hui plus que primordiale au vu du degré d’atteinte porté aussi bien à l’économie du pays qu’aux institutions de l’Etat par un phénomène qui s’est transformé en mode de gouvernance, notamment durant les vingt années de règne du président déchu.
Et les affaires de scandales qui se succèdent depuis l’année dernière au niveau de la justice apportent constamment, et sans trêve, des révélations sur les pratiques qui ont permis à la corruption de fleurir dans un pays pris en tenaille par ses gouvernants, à différentes étapes de responsabilité.
C’est pourquoi d’ailleurs, le président de la République fait référence aux procès consacrés aux affaires de corruption en insistant sur cette prévention et cette lutte à mettre en place en guise de rempart au phénomène qui a ruiné le pays à différents niveaux.
«Ce qui est publié sur les procès relatifs aux différentes formes de corruption, un phénomène figurant parmi les raisons de la décadence des pays, dénote du niveau de la déliquescence morale et de la profondeur du mal fait aux institutions de la Nation et à ses richesses, mais explique aussi la crise de confiance de fond entre gouvernants et gouvernés», notera, en ce sens, Abdelmadjid Tebboune, lors de réunion d’avant-hier.
En se référant aux procès liés à la corruption, le chef de l’Etat fait visiblement référence aux affaires qui voient défiler dans les salles d’audiences des tribunaux tous ces anciens hauts responsables politiques, et à leur tête d’ex-Premiers ministres et ministres, ou encore des hommes d’affaires qui n’ont pas hésité à recourir aux machinations les plus malsaines pour amasser des fortunes dont ils ne pouvaient compter les chiffres ahurissants découverts par les experts judiciaires.
Mais ce sont surtout les toutes fraîches révélations faites par l’ex-député Baha Eddine Tliba devant le juge, la semaine dernière, qui font parler le plus depuis. Ce dernier n’a pas hésité à enfoncer davantage l’ex-parti unique, mais aussi l’Assemblée populaire nationale où des prétendants à la députation issus du FLN avaient déboursé de grosses sommes d’argent lors des élections législatives de 2017 pour arriver à leurs fins.
Des aveux qui ont éclaboussé une APN et un statut de député déjà très mal considéré parmi le commun des Algériens, tout comme ils ont relancé le débat sur des élections législatives anticipées en donnant raison à ceux qui appellent à cette opération depuis l’élection présidentielle de décembre 2019. En faisant ces déclarations devant le juge, Tliba a également porté un coup quasi-mortel au parti FLN que de nombreuses voix parmi les Algériens préfèrent voir entrer au musée de l’histoire.
C’est donc sur la base de pièces à convictions multiples, selon M. Tebboune, que le mal commis par les corrompus est trop lourd et impossible à supporter encore. D’où ce projet d’amendement constitutionnel qui «assoit les bases juridiques pérennes de la nouvelle Algérie démocratique, à commencer par un changement radical du mode de gouvernance et de ses mécanismes», a-t-il insisté.