Le retour à un confinement à travers le pays ne figure pas, actuellement, dans les plans des autorités sanitaires. La confirmation émane du ministre du secteur qui s’exprimait, hier, dans un nouveau point de presse en temps de coronavirus.
M. Benbouzid n’a, cependant, pas exclu un confinement ciblé que pourrait imposer une forte propagation du virus dans certaines localités. Le ministre de la Santé reconduit donc la même logique de discours qu’il développe ces dernières semaines, alors que l’épidémie gagne de plus en plus d’espaces de contagion en Algérie, enregistrant une succession ininterrompue de pics.
C’est, en fait, une sorte de réponse, voire de mise au point, qu’adresse cette voix autorisée à la place publique où les commentaires qui suivent les comptes rendus quotidiens sur l’évolution de la maladie sont constamment accompagnés d’un « il paraît qu’il y a aura un retour au confinement »
On est bien au-dessus des 198 cas atteints à la mi-mai et interprétés alors comme pic de la maladie en Algérie, et encore nettement plus haut que la barre des 50 cas dans laquelle il fallait redescendre pour s’autoriser un déconfinement justifiable et mérité. Mais on n’est sans doute pas loin de la réalité du terrain. Celle-ci se laisse découvrir de plus en plus à la faveur de moyens logistiques renforcés et de tests de dépistage en nombre croissant.
Mais l’inquiétude que pourrait susciter la progression chiffrée du virus chez les autorités concernées semble trouver un apaisement dans le nombre de décès qui, à l’inverse des cas de contaminés, évolue dans une courbe descendante ou stable, nettement en dessous des statistiques enregistrées il y a quelques semaines. Ce paramètre influe sans doute sur la démarche adoptée actuellement par les autorités sanitaires chargées de suivre l’évolution de la Covid-19, ainsi que sur les mesures que prend le Premier ministre. Mais le principal motif qui oriente cette démarche se trouve assurément dans la situation économique du pays et l’impossibilité d’un retour à un confinement à risques certains de déclin.
A l’instar des autres pays de la planète, l’Algérie ne peut pas se permettre de continuer à déserter ses entreprises économiques et de rester à la maison en attendant le départ du coronavirus. Personne n’est aujourd’hui en mesure de prédire la fin de la pandémie, si fin il y a. Et dans le meilleur des cas, les estimations prédisent encore de beaux jours au coronavirus. Autrement dit, il faudra bien apprendre à vivre avec un virus qui, de son côté, a aisément appris à vivre avec nous et à s’épanouir dans nos mœurs et nos gestes au quotidien, livrant chaque jour les chiffres de son offensive sans répit. Apprendre à vivre avec un ennemi en essayant de le dompter par la seule manière de pouvoir le faire. La prévention, en attendant des jours meilleurs. Le reste n’est que philosophie et croyances meurtrières.