Dans l’attente d’un vaccin qui soulagerait le monde entier de la pandémie de la Covid-19, le moyen le plus indiqué pour repousser un risque de contamination demeure le respect des gestes barrières et des règles d’hygiène. A côté de ces mesures basiques, que tout un chacun peut prendre à son échelle pour se protéger du coronavirus, il y a également le dispositif médical de dépistage de la maladie.

Le 8 juillet dernier, le ministre de la Santé avait déclaré qu’à terme, chaque wilaya du pays sera dotée d’un laboratoire d’analyse et de dépistage de coronavirus en sus d’un programme de formation destiné aux médecins et au personnel soignant mobilisés dans les services anti-Covid.
En attendant que ce projet se concrétise, le Syndicat algérien des biologistes de la santé publique (SABSP) exprime des réserves et affirme qu’il serait plus judicieux de commencer d’abord par s’assurer que les structures opérationnelles actuelles disposent des moyens de lutte et de soins nécessaires. Le secrétaire général de ce syndicat, Youcef Boudjelal, affirme à ce sujet que les structures accueillant les malades actuellement sont confrontées au « manque de réactif biochimique », si nécessaire, atteste-t-il, pour identifier le coronavirus.
Selon M. Boudjelal, « il est plus judicieux de mettre à la disposition des laboratoires existants des moyens de dépistage, pour penser ensuite à augmenter le nombre de laboratoires d’analyse et de dépistage de la Covid-19 ». A ses yeux, « ouvrir un nouveau laboratoire pour le fermer quelque jours après pour manque de moyen ne va pas nous servir ».
Selon le biologiste syndicaliste, le privé qui est désormais autorisé par le ministère de la Santé à participer à l’effort de lutte contre le coronavirus, représente également une alternative à condition d’un « plafonnement » de leur tarification. En effet, si les laboratoires d’analyse et d’imagerie médicale privés sont sollicités par les personnes suspectées d’être contaminées, leurs prix sont considérés comme « exagérés », la fourchette pratiquée étant de 5 000 à 11 000 dinars selon des patients interrogés.
Pour le secrétaire général du SABSP, « il est nécessaire de plafonner la tarification en ne craignant pas d’introduire des variables en fonction de certains critères comme les prix et la qualité des équipements utilisés. Et d’ajouter que « la sécurité sociale doit intervenir pour prendre en charge une partie ou la totalité des prestations en cette période de crise sanitaire ».
Il en est de même, selon lui, pour le test RT-PCR dont la tarification chez le privé de « 11 000 dinars et plus » selon un biologiste, est elle aussi jugée « excessive ». En cas de saturation des structures du secteur public, le privé est une solution pour les personnes à faible revenu qui veulent être dépistées. Pour eux, la sécurité sociale peut également intervenir dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la pandémie.