La révision du système de l’information en vigueur fait office de l’une des préoccupations de l’Exécutif, a affirmé mardi à Alger, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, qui n’a pas hésité à qualifier de «cataclysmique» la situation du secteur.

«Pour diagnostiquer la situation, nous avons hérité d’un secteur qui se trouve dans une situation cataclysmique. Le secteur ressemble à un champ de ruines et de mines», a-t-il dit, à l’occasion d’une rencontre organisée par le département de la communication avec des syndicats et des organisations s’exprimant au nom de la presse écrite.
Il a soutenu à cette occasion que «la reconstruction du système de l’information en Algérie sera concrétisée à travers un nombre d’ateliers aux différentes missions», précisant qu’«il y a des délais en relation avec le rapatriement juridique de l’activité des médias en Algérie». Il a évoqué, dans ce sens, «des activités hors-la loi comme les bureaux conseils en communication, en ce qui concerne la publicité», tout comme il a dressé le tableau de «l’activité hors-la loi des chaînes de télévision privées, lesquelles relèvent du droit étranger, mais qui diffusent leurs programmes en Algérie comme si elles étaient de droit algérien».
Le ministre de la Communication a abordé aussi ce qu’il a qualifié de «rapatriement partiel» qui est en relation avec les textes d’application des différentes lois, citant la presse électronique dont le décret exécutif est déjà prêt, de même que le Conseil national de la presse qui est l’équivalent de l’Autorité de régulation de la presse écrite. Il a indiqué à cet effet que le Conseil national de la presse aura trois missions principales : veiller à la délivrance de la carte presse du journaliste professionnel, la médiation et l’arbitrage concernant l’éthique de la profession ainsi que le suivi de la destination prise par la publicité et la médiamétrie. M. Belhimer a rappelé, lors de cette rencontre, que le gouvernement s’était engagé dans son plan d’action à mettre en place une presse «professionnelle responsable à travers une relation de travail assainie et débarrassée des forces n’appartenant pas à la famille des médias». Il s’agit, selon lui, de parvenir à deux objectifs. Le premier consistant à assainir la relation de travail au sein de la corporation, à travers la signature de conventions de branche qui concernent les conditions de travail et sociales des journalistes. Le deuxième objectif consiste à «sortir des zones d’ombre pour nous débarrasser des forces n’appartenant pas à la famille des médias».
Il a expliqué, à ce propos, que «ces forces sont représentées par le travail non déclaré, le financement illicite et les prête-noms qui permettent à des individus n’ayant rien à voir avec la profession de s’introduire dans le secteur de la presse et d’usurper le métier de journaliste». M. Belhimer a relevé qu’il est question de «mettre fin, d’un côté, à des pratiques étrangères à la profession telles que le chantage et, de l’autre, aux relations avec des forces étrangères suspectes».
A la lumière de cette rencontre, le ministre affirme vouloir «établir un diagnostic précis sur la situation de la presse dans le but de parvenir à des solutions idoines à même de lever toutes les barrières et les obstacles qui entravent l’évolution de la corporation».
«Nous attendons de vous tous plus d’interactivité et d’engagement afin que chacun de nous joue le rôle qui lui sied, notamment à travers le Conseil national de la presse et ses structures chargées de l’éthique professionnelle, de la délivrance de la carte de journaliste professionnel et la médiamétrie», a-t-il noté.

Réactivation du fonds d’aide à la presse
Le ministre a relevé, par la même occasion, que son département va proposer la réactivation du Fonds d’aide à la presse, gelé, faut-il le rappeler, depuis cinq ans, dans la loi de finances complémentaire de 2020 afin «d’aider entre autres les journalistes et la presse du Sud du pays».
Dans un autre registre, le ministre a fait part de son intention de réactiver une loi datant des années de Chadli Bendjedid, «obligeant les institutions de l’Etat et l’administration à ne pas faire dans la rétention de l’information et répondre aux demandes et doléances des journalistes professionnels».
Pour leur part, les représentants des syndicats et organisations de la presse ont appelé à «activer la promulgation du statut particulier au lieu de s’attarder sur la délivrance de la carte du journaliste professionnel». Ils ont aussi demandé des autorités à œuvrer à «un assainissement de la corporation des intrus qui profitent de la manne publicitaire institutionnelle» en suggérant «l’accélération de promulgation de la loi sur la publicité».
Les mêmes intervenants ont déploré «la situation des journalistes de la presse privée,
dont la plupart vivent dans la précarité et ne bénéficient pas de couverture sociale», s’interrogeant à ce propos sur «le sort réservé au Fonds d’aide à la presse, institué dans les années 1990».