Un nouveau mouvement dans le corps des magistrats a été opéré, avant-hier, par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, procédant à des nominations et des fins de mission pour des présidents et procureurs généraux près les cours de justice.
L’objectif attendu à travers ces changements est de «donner un nouveau souffle» à l’action judiciaire en améliorant «le service public de la justice», a souligné la Présidence dans le communiqué qui annonce ce nouveau turn-over à la tête des juridictions concernées. Il s’agit aussi de parvenir, selon la même source, à «la reconsidération des fonctions qualitatives dans le corps de la justice», ce corps qui reste incontestablement sous les feux de la rampe avec la succession toujours en cours des procès de corruption engageant de hauts anciens responsables au sein des institutions de l’Etat et des acteurs du monde économique et des affaires.
L’appareil judiciaire est aussi scruté à travers le traitement réservé aux nombreux acteurs politiques et manifestants du mouvement populaire qui ont été poursuivis pour diverses raisons et dont les jugements sont accompagnés par de vifs débats et questionnements. Pour le corps des présidents de cour de justice, le mouvement a porté sur la nomination de 17 présidents, le transfert de 18 autres et des fins de fonctions pour 17 présidents, selon la présidence de la République. Le communiqué fait état de la nomination de 18 procureurs généraux, le transfert de 17 et des fins de fonctions pour 19 autres.
Ce turn-over serait opéré à la lumière des péripéties qui ont marqué le déroulement des procès et le traitement des affaires dont le nombre semble avoir connu une hausse considérable dans le sillage de ce qu’a provoqué le mouvement populaire pour le changement et la traduction en justice de plusieurs ministres et autres hauts responsables.
C’est vraisemblablement à l’aune de cette accélération des affaires, et probablement en tenant compte des avis formulés par les avocats qaui pointaient régulièrement des dysfonctionnements et autres failles, qu’a été opéré ce énième changement au sein des présidents et procureurs généraux près des cours. Comme il peut être le signe d’une instabilité dans l’encadrement de ces juridictions au vu de la récurrence des changements qui surviennent. L’on se rappelle dans ce sens du remue-ménage qui a accompagné, en automne dernier, le mouvement opéré dans le corps des magistrats fortement contesté par le Syndicat national des magistrats (SNM).
Lors de la présentation des principaux axes de la feuille de route du secteur de la Justice dans le cadre du Plan d’action du gouvernement, M. Zeghmati s’est fixé l’objectif de parvenir à «l’amélioration de la qualité et du rendement de l’action judiciaire» ainsi que la «préservation de l’indépendance et l’intégrité du magistrat». Le garde des Sceaux a affirmé alors que cette feuille de route ambitionnait d’améliorer la qualité et le rendement de l’action judiciaire à travers une révision du système de recrutement et de formation des magistrats, prenant en ligne de compte à la fois le lourd héritage du passé et une vision prospective concernant les exigences renouvelées pour une justice de qualité protégeant les droits et mettant fin à l’abus sous toutes ses formes. n