La présidentielle d’avril prochain, le décès de Mourad Medelci, président du Conseil constitutionnel, ainsi que l’installation des nouveaux sénateurs sont l’essentiel des questions qui ont focalisé l’attention des députés, hier, en marge des débats en commission des transports et des télécommunications sur le projet de loi sur l’aviation civile.
Si la présidentielle a été le sujet qui a le plus focalisé les parlementaires de la chambre basse, il n’en demeure pas moins que chacun y va de sa propre lecture. C’est ainsi que les députés du Front de libération nationale (FLN) se trouvent en état d’attentisme face à la candidature du président de la République. « Il n’y a pas de raisons pour que le président de la République ne brigue pas un 5e mandat », note un député FLN et ex-ministre, selon lequel « même si le président de la République n’a pas encore déclaré ses intentions, il n’en demeure pas moins que nous devons nous préparer à cette éventualité ». C’est dans cette optique, dira-t-il, que le FLN a décidé de tenir son congrès extraordinaire après la présidentielle.
Une députée FLN de Blida estime que « notre attente va connaître son épilogue sous peu et nous serons informés de la décision du Président dont la candidature est très souhaitée au sein du parti ». « Le FLN gagnera beaucoup dans le cas où le Président se représente puisqu’il est le président du parti grâce auquel le FLN est majoritaire dans l’ensemble des institutions de l’Etat ». Aussi le communiqué du Parti des travailleurs (PT), annonçant le retrait du formulaire de candidature à la présidentielle et l’entame de collecte des signatures, a dérouté plus d’un. En effet, nombre de députés n’arrivent pas à intégrer le décalage entre le discours de la patronne du parti, Louisa Hanoune, selon lequel « le parti ne devrait pas aller à la présidentielle » et son retrait du dossier de candidature. « Soit elle critique la présidentielle et elle n’y va pas, soit elle l’approuve et y prend part », soutient un député du groupe parlementaire des indépendants, estimant que « le communiqué du parti participe à la confusion ambiante ». Aussi et toujours à propos de la présidentielle, nombre de députés commentent à volonté le profil des candidats à la candidature : « Jamais un rendez-vous pour la présidentielle n’a été aussi traîné dans la boue par des candidats qui n’ont pas le niveau requis pour prétendre à la magistrature suprême. » L’autre sujet qui a animé les députés, le décès du président du Conseil constitutionnel, Mourad Medelci. Des bruits à l’Assemblée populaire nationale font état d’un potentiel successeur en la personne de Tayeb Bélaiz. L’autre sujet qui focalise l’attention des députés concerne l’installation des nouveaux sénateurs ainsi que la nomination des sénateurs du tiers présidentiel. A ce propos, l’ensemble des sénateurs s’accordent à dire que « pour l’heure, le Président n’a pas nommé de nouveaux sénateurs, il s’est juste contenté de reconduire les anciens en se départissant de trois d’entre eux ».
Aussi, et s’agissant du poste de président du Sénat, même s’il est admis que Bensalah sera reconduit, il n’en demeure pas moins que les députés du Rassemblement national démocratique (RND) restent sur leur garde. Affichant grise mine depuis les sénatoriales du 29 décembre dernier, où ils n’ont obtenu que 10 sièges sur les 48 en lice, les députés du parti d’Ouyahia craignent que ne leur échappe y compris le poste de président du Sénat.n