Après avoir été reçu la veille par le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, Amar Ghoul, le président de TAJ, a rencontré hier le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) Djamel Ould Abbès dans le cadre des concertations autour de la  présidentielle de  2019. A cette occasion, Djamel Ould Abbès a estimé que « le président Bouteflika n’a pas besoin d’une campagne électorale». Son argument est que «tous les Algériens demandent au président Bouteflika de se représenter et nous ne faisons que traduire cette volonté populaire». « De plus, le bilan du président est plus que parlant et les Algériens sont de nature reconnaissants donc leur choix se portera forcément sur celui qui a construit tant d’hôpitaux, de logements,  d’écoles, de routes», a-t-il enchaîné.

Avant de préciser que « c’est dans l’ordre naturel des choses d’élire celui qui s’est tant sacrifié pour l’Algérie et les Algériens ». Le patron du FLN  a annoncé, dans la foulée, avoir rencontré 15 partis et organisations de la société civile soutenant la candidature du président pour un 5e mandat. «Cela veut dire que lorsqu’il se représentera, Inch Allah ! Inch Allah ! Inch Allah en 2019, il sera le président de tous les Algériens », a-t-il lancé. Mais la mobilisation ne s’arrêtera pas là « pour nous », a indiqué Ould Abbès, selon lequel « nous ne laissons pas les gens jouer avec le devenir de la nation. Nous sommes des sentinelles, nous sommes vigilants en tant que parti, mais le FLN est aussi une institution de l’Etat, mieux, c’est la colonne vertébrale de l’Etat ». De l’avis d’Ould Abbès « 2019 n’est qu’une échéance, une élection présidentielle qui permettra  la préparation de l’avenir.

En quelque sorte, 2019 c’est le visa pour l’avenir des générations montantes, pour que la génération du 1er Novembre passe le flambeau à la nouvelle génération ». Il précisera, dans ce cadre, que « le président de la République a une nouvelle vision et j’ai ici un document, une feuille de route 2020-2030 élaborée avec Oxford Business Group évoquant tous les aspects, l’agriculture, l’enseignement supérieur, l’économie ». « Nous allons la rendre publique prochainement, c’est une véritable encyclopédie», a-t-il lancé.

Questionné sur le refus des partis de l’opposition de soutenir un 5e mandat, Ould Abbès a fait observer que «chaque parti est libre de présenter son candidat et c’est la Constitution qui le permet».  Par ailleurs, Djamel Ould Abbes a annoncé le parachèvement de l’élaboration du bilan – au «stade de l’impression» – des réalisations du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, des vingt dernières années, en vue de sa présentation «la semaine en cours» au chef de l’Etat puis au comité central du parti.

Le secrétaire général du FLN n’a pas manqué également de démentir le monopole de son parti sur la question de candidature du Président Bouteflika à la prochaine présidentielle, « car il est le président de tous les Algériens et agit selon un programme clair et précis, basé sur une feuille de route qui englobe tous les secteurs, s’étendant jusqu’en 2030 ». A une question sur l’initiative «La génération Bouteflika», adoptée par son parti et si celle-ci était en contradiction avec la déclaration du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar sur «la nécessité de ne pas impliquer l’université dans la politique», M. Ould Abbes a estimé que «lorsqu’il s’agit du nationalisme et de l’Algérie, nous traitons et considérons les universitaires comme le reste des Algériens». Intervenant pour sa part, le président de TAJ, Amar Ghoul, a d’entrée fait  remarquer que son parti est déjà en campagne électorale pour un 5e mandat présidentiel. «Nous n’avons reçu aucune  instruction  pour apporter notre soutien au président Abdelaziz Bouteflika, notre démarche est avant tout une affaire de conviction », a-t-il précisé aux journalistes.

Avant de souligner : « Nous le disons avec beaucoup de fierté, nous sommes déjà entrés en campagne électorale pour faire élire notre candidat et pour cela nous n’attendons pas les instructions d’en haut.» « Nous sommes un parti souverain, nous avons choisi cette option en toute conviction et en toute liberté », précise-t-il avant d’expliquer que « pour ceux qui nous reprochent d’avoir entamé la campagne dès maintenant, je rappelle que l’opposition est en campagne depuis 2014 ».

Par ailleurs et à l’instar des autres réunions tenues dernièrement par le FLN avec les autres partis, ayant été sanctionnées par l’appel à la candidature du Président Bouteflika à la présidentielle 2019, il a été annoncé l’installation d’une commission nationale chargée de l’élaboration d’une stratégie future pour mener ce choix politique à bon port.