Moins de flou et plus de positions tranchées. La scène politique va connaître dès ce week-end une autre dynamique qui va en finir avec les hésitations. Nombre de partis politiques ont programmé des réunions de leurs instances souveraines devant décider de la participation ou non à l’élection présidentielle du 18 avril, pour ce qui est de l’opposition, alors que dans le camp du pouvoir, il s’agira beaucoup plus de rendez-vous pour lancer
la campagne en faveur de la candidature de l’actuel président, Abdelaziz Bouteflika.

Dès aujourd’hui, le Premier ministre sera au-devant de la scène avec l’ouverture de la 6e session ordinaire du Conseil national de son parti, le Rassemblement national démocratique (RND). Ahmed Ouyahia devra prononcer un discours d’ouverture des travaux qui se poursuivront jusqu’à vendredi, où il donnera l’orientation aux instances et militants de sa formation pour une pré-campagne. Laquelle a déjà été lancée par son frère-ennemi, le FLN, mardi, lors d’une rencontre qu’a présidée Mouad Bouchareb, avec les députés et sénateurs du parti. Mouad Bouchareb a déclaré que le parti « va constituer une commission pour collecter les signatures». «Nous avons les signatures des élus sur le plan national et local. Mais nous avons également (à collecter), et c’est ce qui nous importe le plus, les signatures des enfants du peuple algérien», a ajouté le coordinateur de l’instance dirigeante du FLN.

Benyounès, enfin !
Ainsi, il n’y a presque plus de doute, sauf changement de dernière minute, sur la candidature de Bouteflika pour un cinquième mandat. D’ailleurs, le plus hésitant des partis de l’Alliance présidentielle, le Mouvement populaire algérien (MPA), d’Amara Benyounès, devra mettre fin à son suspense ce weekend. Le MPA tiendra vendredi une session ordinaire de son Conseil national, à la salle des conférences de l’hôtel Riadh de Sidi Fredj à partir de 11h. L’occasion pour Benyounès de se prononcer et d’en finir avec sa position ambiguë. A-t-il eu des informations et des éléments lui permettant de décider ? Possible. Il y a à peine dix jours, le MPA a indiqué que « personne ne peut empêcher un candidat de se présenter, en dehors du conseil constitutionnel, seul habilité à se prononcer sur la validité des candidatures. De même que personne ne doit également obliger un citoyen à se porter candidat ». Et d’ajouter : «C’est son conseil national qui déterminera au moment opportun et de manière définitive la position du parti vis-à-vis de cette élection ». Ce « moment opportun » est arrivé, semble-t-il.
Quant à TAJ d’Amar Ghoul, qui a annoncé une rencontre des partis de l’Alliance présidentielle « dans les tout prochains jours », dont la première session du conseil national après son premier congrès, est restée ouverte depuis le 5 janvier, l’occasion sera, ce samedi 2 février, de clôturer ladite session. Ghoul réaffirmera sa position sur laquelle « il n’y a aucun doute », comme il l’a fait savoir mardi au Sénat. Pour lui, « il n’y a qu’un seul scénario à l’ordre du jour » : la candidature de Bouteflika.

Opposition, le boycott se précise
Dans l’opposition, après que Makri du MSP se soit officiellement lancé dans la course et le boycott annoncé par le FFS, c’est au tour du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et le Front pour la justice et le développement (FJD) de faire connaître leurs positions. Les partis de Mohcine Belabbas et de Abdallah Djaballah tiendront, ce vendredi 1er février, le Conseil national pour le premier et le conseil consultatif pour le second. Le leader du parti islamiste, El Adala, bien que ce soit Madjliss Echoura qui aura à examiner « la capacité des structures organisationnelles à relever le défi de la présidentielle», n’a pas tellement de chance après que son frère du MSP aura choisi de faire cavalier seul. Djaballah, largement surpassé par « la machine » Abderrezak Makri dans le camp des islamistes, se dirige droit vers un rejet ou un boycott.
C’est presque le cas pour le parti de Mohcine Belabbas. Le RCD, dont la radicalité du discours n’est plus à prouver, ne peut en aucun cas aller en contradiction avec ce qu’il prêche depuis des mois, à savoir la mise en place d’une instance indépendante de gestion des élections. Une condition sine qua non de la transparence des scrutins et d’une participation à une présidentielle, selon le parti. Aussi, la précampagne entamée en faveur de la candidature de Bouteflika ne peut être qu’un autre élément qui encourage le conseil national à valider le boycott, voire même le rejet. Avec ces deux partis, il ne restera en compte que la position de Louisa Hanoune, patronne du Parti des travailleurs (PT) qui, toutefois, a retiré le dossier de candidature auprès du ministère de l’Intérieur. Une ambiguïté que doit clarifier le PT d’ici quelques jours.