Les annonces de candidatures à l’élection présidentielle de 2019 se poursuivent même timidement. En effet, après Fethi Guerras, du Mouvement démocratique et social (MDS), et Nacer Boudiaf, c’est au tour du tonitruant ex-député de Médéa, Missoum Tahar, d’annoncer son intention de briguer la magistrature suprême.

« Je déclare officiellement l’intention de porter ma candidature pour la prochaine présidentielle de 2019», a-t-il indiqué. « Je vois que tout le monde soutient le 5e mandat et il n’y a personne qui souhaite se porter candidat pour changer les choses », a-t-il argué. Avant d’expliquer les motivations et les raisons de sa décision : « Je me suis posé cette question de ma candidature pour 2019 de la même façon que je me suis interrogé par rapport aux élections législatives, en me disant pourquoi je ne me porterai pas candidat comme les autres, pour changer ce que je peux changer. » Elu député durant la période 2012-2017, Tahar Missoum, plus connu sous le sobriquet de « spécifique », s’est fait vite connaître par ses sorties bruyantes lors de ses interventions à l’Assemblée populaire nationale (APN). Inscrit automatiquement pour intervenir sur l’ensemble des avant-projets de loi, le député de Médéa s’offrait à chaque fois une tribune de choix pour descendre en flammes l’ensemble des membres du gouvernement. Aucun ministre du gouvernement de Sellal n’avait échappé aux diatribes et aux critiques du parlementaire. Péremptoire et volontiers accusateur, Tahar Missoum laissait souvent les ministres sans voix, ébahis devant la salve de critiques et de reproches qui leurs sont adressés. La virulence de ses propos, son caractère osé et sa propension à faire des interventions démonstratives et intempestives ont contraint, à plusieurs occasions, l’ancien président de l’Assemblée populaire nationale Mohamed-Larbi Ould Khelifa, à lui retirer la parole et à même suspendre les séances plénières. Lors des dernières élections législatives de 2017, Missoum Tahar n’a pas pu se porter candidat. Privé d’une tribune d’expression de choix que représente l’APN, l’ancien député a décidé de créer sa chaîne YouTube pour « porter les préoccupations des citoyens aux pouvoirs publics », avait-il expliqué. Le député de Médéa avait tout autant menacé l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal et plus précisément l’ancien ministre de l’Industrie, Abdeslam Bouchouareb, de faire des révélations à leur propos. Toutefois, les menaces de l’ancien député demeureront lettre morte puisque sa chaîne YouTube a cessé d’émettre, tout de suite après.

Et c’est à la faveur de la prochaine présidentielle de 2019 que l’ancien député compte revenir au devant de la scène politique pour annoncer sa volonté de briguer la magistrature suprême pour « changer ce que je peux changer », a-t-il soutenu.