La porte-parole du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, avance des hypothèses et des scénarios par rapport à la prochaine présidentielle de 2019. S’exprimant, hier, à l’occasion d’une conférence de presse qu’elle a organisée au siège de son parti à Belfort (El Harrach), Louisa Hanoune a estimé d’entrée qu’«il n’est pas question pour le moment d’un candidat du consensus pour la prochaine présidentielle».

«Il n’y a pas de consensus sinon, ils l’auraient annoncé, peut-être que c’est à l’étude, mais pour le moment, la rumeur parle de plusieurs candidats dans les institutions, des ambitions individuelles… mais ce n’est pas encore affiché officiellement», a-t-elle enchaîné, avant de soutenir que cela «rend la situation encore plus difficile car nous sommes à un moment charnière, et il faudra beaucoup de patriotisme pour que notre pays ne s’effondre pas». Toutefois, et s’agissant d’un éventuel cinquième mandat du président Bouteflika, Louisa Hanoune soutient qu’il est peu probable. «Tout le monde se pose la question de savoir si le Président sera candidat. A mon avis, non. Bouteflika ne se portera pas candidat», a-t-elle lancé. Aussi et à propos des formations de l’alliance présidentielle qui se réunissent pour appeler «à un 5e mandat ou à la continuité», Louisa Hanoune, qui les qualifient de «courtisans», lance : «Ils sortent avec des déclarations creuses, insipides, incolores et inodores.». Aussi et tout en qualifiant la situation actuelle du pays «d’opaque», «car il y a une illisibilité totale», Louisa Hanoune note que son parti ne s’est pas encore positionné par rapport au rendez-vous de 2019. «Nous n’avons pas abordé cette question de la présidentielle au sein des instances du parti car l’urgence est de sauver le pays de l’effondrement», a-t-elle argué, avant de promettre d’inscrire cette question au menu des débats internes au PT.
«Notre destin et celui de l’Arabie Saoudite sont diamétralement opposés»
S’exprimant à propos de l’Arabie saoudite, à l’occasion de la visite du prince héritier Mohamed Ben Salmane (MBS), Louisa Hanoune a lancé sans tergiverser : «Ils sont des protecteurs de l’entité sioniste. El Saoud, ce régime obscurantiste et assassin, vient d’asséner un coup qui peut être mortel à notre pays au sujet du plafond des exportations et cela, pour plaire à Trump et qu’il ferme les yeux sur leurs crimes». Evoquant le communiqué du MAE, Louisa Hanoune s’interroge : «De quelle confiance en la justice saoudienne parle le représentant de notre ministère des Affaires étrangères ?» Avant d’y répondre : «C’est incroyable. Nous refusons catégoriquement qu’une telle position soit attribuée à l’Etat algérien. Cette position n’engage que son auteur et en aucun cas, elle ne peut engager le peuple algérien épris de justice, de liberté et de progrès. Un peuple solidaire des peuples yémenite, palestinien et syrien». Répondant dans le même ordre d’idées, «au destin commun» dont parle le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, entre nos deux pays, Louisa Hanoune lance : «C’est le produit de son imagination. Au contraire, notre destin et celui de l’Arabie saoudite sont diamétralement opposés». Selon la patronne du PT, «notre destin est en commun avec celui des pays du Maghreb, en général, et de la Tunisie et du Maroc, en particulier, du fait de la géographie, de l’histoire, de l’identité». De son avis, «nous sommes donc condamnés à vivre côte à côte et dans ce monde devenu fou, nous sommes condamnés à organiser des liens de solidarité et de fraternité et à la recherche de solutions communes aux problèmes». S’exprimant à propos de la nature des relations entre les officiels algériens et l’Arabie saoudite, Louisa Hanoune les qualifie «d’étranges». «C’est une relation qui est difficile à déchiffrer. On n’a jamais compris les concessions sur le plan économique à l’Arabie saoudite. On voit la zone arabe de libre échange, ce qu’elle nous coûte, sans oublier le rôle de ce pays dans ce que nous avons vécu par le passé», a-t-elle argué. La patronne du PT dit ne pas comprendre en outre le communiqué des Affaires étrangères sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, plusieurs semaines après sa disparition tragique à l’intérieur du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.