Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) veut instituer des élections primaires pour la présidence du mouvement. C’est du moins ce qu’a annoncé, hier, Boubakeur Gueddouda, président de la commission de préparation du septième congrès et président du conseil consultatif.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, animée au siège national du mouvement à El Mouradia, il a expliqué qu’il s’agit uniquement d’une proposition formulée par la commission de préparation et qui sera entérinée lors de la prochaine session du conseil consultatif prévue pour ce vendredi. «On propose d’organiser des primaires pour le poste de président du MSP, un mois avant le congrès, pour permettre aux personnes désireuses de présider aux destinées du parti de faire une sorte de précampagne», a-t-il expliqué. Est-ce une manière de faucher l’herbe sous les pieds d’Aboudjerra Soltani, ambitionnant de revenir à la tête du parti ? «Non», répond tout de go Gueddouda, qui réfute l’existence d’un conflit au sein du MSP.
«Il s’agit seulement d’un vif échange entre Makri et Soltani», lance le président de la commission de préparation du septième congrès avant de poursuivre, «nous sommes habitués aux échanges vifs au sein du parti et ces échanges nous enrichissent et ce dans l’intérêt du parti et de l’Algérie».
Questionné à propos des sorties médiatiques critiques de Soltani contre Makri, le conférencier fera observer que «Soltani a des droits comme n’importe quel membre du mouvement. Nous sommes un parti démocratique qui souhaitons la démocratie dans notre pays et dans le parti», avant de préciser que «Soltani a fait des propositions sur la préparation du congrès, nous avons de plus accepté ses suggestions». Aussi, pour étayer ses arguments, il dira aux journalistes non convaincus par ses réponses que «Soltani a déjeuné avec Makri». À la question de savoir pourquoi Makri contrôle actuellement la commission de préparation du congrès, Gueddouda, qui répliquera «non jamais», ne manquera pas de s’interroger : «Comment Makri pourrait-il avoir une quelconque influence sur la commission de préparation du congrès alors que les textes du parti ne le lui permettent pas ?» Selon lui, «la démocratie ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’échanges vifs.
Si on dit qu’il y a une sérénité, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de discussions et de débat». Interpellé par rapport à la prochaine présidentielle de 2019, Gueddouda répondra que «c’est à la prochaine direction et au conseil consultatif de décider si le parti participera ou non à l’élection présidentielle, avec la précision que le MSP ne participera pas à ce rendez-vous pour les autres».
Par ailleurs, au sortir de la conférence de presse de Gueddouda, Abderezzak Makri a fait une apparition dans la salle. Pourquoi cette apparition ? «Face à l’insistance des journalistes à nous poser des questions, j’ai tenu à venir pour clarifier certaines choses.» Lesquelles ? «La campagne pour la présidence du mouvement n’a pas encore commencé. Elle le sera quand le conseil consultatif validera la proposition des primaires qui a été faite par la commission de préparation du congrès», a-t-il expliqué. Tout en précisant qu’il est encore président du MSP et qu’il ne s’exprime aucunement comme candidat à la présidence du mouvement. «Quand la campagne commencera, tous les candidats seront sur un pied d’égalité», précisera-t-il.