Vingt-quatre heures après l’installation, par le ministère de l’Intérieur, de Farid Bencheikh comme nouveau patron de la Police nationale en remplacement de Khelifa Ounissi, on a appris hier, par un communiqué de la présidence de la République, que le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a procédé à la nomination auprès de ses services d’un conseiller chargé des questions militaires et de sécurité. Ce grand officier se prénomme Boumediène Benattou.

Par Halim Midouni
Il est élevé au grade de général-major et a occupé dans le passé la fonction de contrôleur général au sein de l’ANP. Son nom est apparu sur la scène publique en août 2018 lorsqu’il avait fait l’objet d’un limogeage par l’ancien président déchu Abdelaziz Bouteflika de la même façon que le Directeur de la Direction centrale de la sécurité de l’armée Mohamed Tirèche, pour être remplacé à l’époque par le général Zerhouni.
Les nominations d’un nouveau chef de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), dont les missions relèvent davantage de l’Intérieur, et d’un nouveau conseiller pour des questions de défense en rapport avec les développements et les enjeux en cours dans le voisinage algérien et à l’international, obéissent naturellement à des considérations spécifiques à chacune des fonctions et des missions qu’elles sous-tendent. Elles convergent cependant vers ce lieu commun de la sécurité dans sa globalité et dont la sémantique première est à la coordination entre les différents acteurs concernés.
Ceci précisé, on peut présumer qu’avec ces nouvelles nominations, le chef de l’Etat s’entoure d’une garde rapprochée constituée d’hommes avec l’aide desquels il vise une cohérence de vision et d’action en ce qui concerne les grands dossiers sécuritaires, notamment ceux relatifs aux développements au Maghreb avec le dossier libyen, au Sahel avec la quête d’une normalisation politico-institutionnelle au Mali par l’application non encore achevée de l’Accord d’Alger et la persistance du défi anti-terroriste et de la menace djihadiste qui a encore fait des victimes et des dommages durant ces dernières heures au Niger.
Cette hypothèse de recherche de coordination et de cohérence est d’autant plus forte que le poste, désormais occupé par le général-major Benattou, a été brièvement occupé pendant sept mois par un autre ex-officier supérieur, le général à la retraite Abdelaziz Medjahed, entre février et septembre 2020, avant d’être nommé à la tête de l’Institut national d’études de stratégie globale (INESG) sans que l’on sache les raisons de son départ de la présidence de la République. La nomination du général-major Benattou intervient après la nomination, le 15 mars 2021, du général-major Mohamed Salah Benbicha dans les fonctions de Secrétaire général du ministère de la Défense nationale par intérim. Il a remplacé le général Abdelhamid Ghris.