Il serait l’heureux élu dont l’avènement risque de susciter des malheurs à venir pour la balle ronde algérienne. Charaf-Eddine Amara est, sauf rebondissements, prédestiné à succéder à Kheireddine Zetchi à la tête de la Fédération algérienne de football (FAF). Nouveau président avec de vieilles pratiques. Rien de réjouissant.

Par Mohamed Touileb
Bien qu’il ne soit pas le personnage exemplaire pour faire pareilles remarques et parler de conscience ou de transparence, Abdelmadjid Yahi, désigné président de la Commission de candidature pour les élections fédérales, a relevé un fait notable. « Il y a une transgression de la loi.
J’aurais souhaité que cela ne se produise pas pour prouver qu’on était dans une Algérie nouvelle», a lâché celui qui est chargé d’examiner les postulations avec son équipe et décider si, oui ou non, le dépositaire remplit les critères.
En effet, Yahi a révélé qu’il a été contraint d’accepter le dossier d’Amara, car c’était la décision prononcée par la commission qu’il préside : « J’ai été mis en minorité par deux voix contre une et deux abstentions.
Pour moi, Charaf-Eddine Amara, avec lequel je n’ai aucun problème, ne remplissait pas les conditions d’éligibilité et plus particulièrement le critère des 5 ans exigé au sein d’une société sportive ».

Quid de la dérogation ministérielle ?
Ce dernier critère aurait pu être « zappé » si le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) avait délivré une dérogation à celui qui préside le CR Belouizdad depuis 2018. Toutefois, Yahi a tenu à préciser que « la candidature d’Amara ne contient aucune lettre de dérogation émanant du MJS. » En l’absence de ce document, dans un État de droit, le dossier devait être rejeté.
En décryptant l’attitude de Yahi, on comprend que le mécanisme électif mis en place est grossier, car présentant des entraves aux statuts. Et ce au moment où la FIFA avait demandé à ce que les dispositions statutaires soient mises en conformité. On y ajoutant les craintes affichées par Belmadi et son mécontentement à propos de ce véritable cirque pour remplacer Zetchi, il devient logique de craindre que ce remplacement de « pions » soit fatal.

Ingérence, la FIFA n’est jamais loin
Ces pratiques louches pourraient grandement porter préjudice au sport roi en Algérie. Le non-amendement des nouveaux statuts de l’instance conjuguées à ce qui ressemble, ni plus ni moins, à une ingérence politique dans les affaires de la FAF pourraient inciter la FIFA à intervenir. A partir de là, des sanctions sportives sont à prévoir. Elles concernent l’exclusion de toutes compétitions continentale et internationale des clubs algériens ainsi que la sélection. On notera que 4 équipes, le MC Alger, le CR Belouizdad et la JS Kabylie ainsi que l’ES Sétif, disputent des épreuves interclubs de la CAF, alors que les « Fennecs » auront rendez-vous, dès juin prochain, avec les éliminatoires de la Coupe du Monde 2022 prévue au Qatar. La situation est délicate et le remplacement de Zetchi risque de ne pas se passer sans fracas.