Plus de 800 archives personnelles du regretté Abdelkader Alloula (1939-1994) ont été réceptionnées par le Théâtre régional d’Oran à l’occasion de la commémoration, mardi, du 26e anniversaire de la disparition du regretté dramaturge.

«Il s’agit d’un lot important comprenant, entre autres, des notes personnelles d’Alloula manuscrites et dactylographiées, des documents de presse, des photos et des enregistrements audio et vidéo», a indiqué à l’APS le directeur du TRO, Mourad Senouci. Un public nombreux a assisté à la cérémonie commémorative tenue au siège du TRO en présence de Raja Alloula, la veuve du dramaturge et présidente de la Fondation Alloula, qui conservait jusque-là les archives du dramaturge. Les responsables des deux institutions partenaires, M. Senouci et Mme Alloula, se sont félicités de cette initiative qui donnera, ont-ils souligné, «une plus grande accessibilité à l’œuvre d’Alloula au profit des étudiants et chercheurs». Le directeur du TRO a fait savoir que le classement des nouvelles archives sera prochainement lancé avec l’aide du Centre national de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC), basé à Oran. La cérémonie commémorative avait débuté par le vernissage d’une exposition photographique inédite, relatant une partie du parcours d’Alloula à travers une quarantaine de clichés de certaines de ses pièces théâtrales comme «El-Ajouad», «El-Khobza», «Homk Salim» et «Laâlegue». Cette exposition comporte une collection de quarante photos d’époque signées Ali Hafied (1962-2015) qui fut photographe de presse et l’ami de nombreux artistes à l’instar d’Alloula. Ali Hafied avait fait don de cette collection au Musée national des Beaux-Arts d’Alger qui a accepté de la mettre en relief au TRO, rendant ainsi un hommage posthume au dramaturge et au photographe. La commémoration a été également marquée par la présentation d’un nouveau spectacle de rue coproduit par le TRO et la troupe «Mass’Art», de la talentueuse comédienne Leila Touchi. Evoquant ainsi la tradition de «halqa» si chère à Alloula. Pour rappel, Abdelkader Alloula a été assassiné par l’hydre terroriste, le 10 mars 1994 à Oran, laissant derrière lui un riche legs artistique, dont la célèbre trilogie «Lagoual» (les dires, 1980), «El-Ajouad» (les généreux, 1985) et «El-Lithem» (le voile, 1989). A propos de l’impact de son legs théâtral, l’enseignant-chercheur Mohamed Daoud de l’université d’Oran avait déclaré à l’APS : «Au-delà de ses indéniables qualités humaines, Abdelkader Alloula a été toujours à l’écoute des pulsions de la société et au service des couches sociales défavorisées.» Affirmant qu’ «Alloula avait mis son art dramatique au service des couches sociales défavorisées en puisant dans le terroir local et dans le patrimoine universel». Au départ comédien, Alloula était parvenu à mettre en scène des pièces et en être auteur de la plupart d’entre elles, mais «c’est en allant vers les campagnes qu’il a pu pénétrer l’imaginaire culturel des populations locales qui étaient portées sur l’écoute du récit et de la narration, car elles tournaient le dos au spectacle». Mêlant discours politique, ironie et langage populaire, Alloula a su capter l’attention du public qui se reconnaissait dans ses pièces théâtrales, en lui donnant un caractère populaire ouvert sur l’universel. n