Conscient de la nécessité d’améliorer le taux de bancarisation et de la qualité des services à la clientèle pour capter les quantités de monnaie fiduciaire circulant hors banques, le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, a plaidé, hier, lors d’une plénière consacré à la présentation du plan d’action de son gouvernement aux membres de la chambre basse du Parlement, en faveur d’une réforme globale d’une modernisation du système bancaire et financier algérien.

Par Hakim Ould Mohamed
Il s’agit, selon le Premier ministre, «de renforcer son apport au développement de l’économie nationale, améliorer sa gouvernance, promouvoir le professionnalisme de ses différents acteurs et densifier le réseau des banques et des assurances». Pour étayer ses propos à travers des mesures concrètes, Aïmene Benabderrahmane a annoncé, entre autres actions, l’ouverture d’agences bancaires à l’étranger et l’accélération du rythme de numérisation des systèmes de paiement, précisant que le gouvernement compte ouvrir tous les ans 30 nouvelles agences bancaires (publiques et privées) et augmenter le nombre des agences d’assurances de 5% par an. «Le plan d’action du Gouvernement vise, dans le contexte de la reprise et de la relance économique, à relever le défi inhérent à assurer la viabilité de la finance publique, en sus de financer le plan de la relance économique, dans le but d’accroître l’investissement et la diversification économique et de s’orienter vers l’augmentation du niveau des exportations hors-hydrocarbures». Pour ainsi dire, cette réforme bancaire et financière inscrite en caractère gras dans le plan d’action de l’Exécutif vise à faire des banques un tremplin pour le retour de la croissance à travers le financement de l’investissement et la diversification des ressources en devises au moyen d’un soutien aux filières exportatrices. Mais pas seulement. Les banques sont appelées à contribuer activement à l’objectif d’assurer la viabilité des finances publiques au moyen de l’inclusion financière et le captage de l’épargne.

Lutte contre l’informel
Ce pourquoi, le Premier ministre dit inscrire la lutte contre l’économie informelle sur la liste des principales priorités à travers, entre autres mesures, la mobilisation de la masse monétaire en circulation dans le secteur parallèle, ainsi que la résorption du marché parallèle de la devise. Cela se fera, selon le Premier ministre, à travers «l’augmentation du taux de croissance de mobilisation des ressources et l’augmentation du nombre de comptes bancaires». Il s’agit aussi de développer le cadre juridique et institutionnel de la finance novatrice, tels les banques islamiques, l’activation de la bourse, ainsi que de la création de banques spécialisées (banque postale et banque de l’habitat). Concernant l’assainissement des finances publiques, Aïmene Benabderrahmane s’est à nouveau livré à un véritable plaidoyer en faveur de la réforme des subventions, réitérant la volonté du gouvernement d’asseoir un nouveau mécanisme de protection des ménages défavorisés. Il s’agit, d’après lui, de rationnaliser la dépense et de l’impératif d’assurer la viabilité des finances publiques. Sur sa lancée, il a souligné l’engagement du gouvernement à maintenir le caractère social des politiques gouvernementales, avec une juste redistribution des richesses. Le Premier ministre a souligné lors de son intervention devant les députés que le népotisme et la corruption ont stérilisé l’économie nationale, ce qui nécessite un retour à de saines pratiques. Quant à la nouvelle politique énergétique du gouvernement, le Premier ministre a expliqué qu’il est question désormais de mettre en valeur l’ensemble des richesses énergétiques et minières que recèle le pays. Il a ainsi annoncé, à la même occasion, que son gouvernement œuvrerait à poursuivre les investissements dans l’extraction et le développement dans le secteur des hydrocarbures, en les augmentant de 7,4 milliards de dollars en 2021 à près de 10 milliards de dollars en 2023.

Diversification des sources d’énergie et de devises
Cette hausse des investissements permettra, selon lui, «d’augmenter la production commerciale primaire dans la filière hydrocarbures de 187 millions de tonnes d’équivalent pétrole (TEP) en 2021 à 195,9 millions TEP en 2023». Le secteur constitue ainsi, tout comme celui des banques et des finances, des leviers pour la croissance économique et le développement, d’autant plus que les réformes entamées par l’Etat en vue du développement du secteur de l’énergie et des mines «se poursuivront, à travers la valorisation des ressources naturelles, grâce à l’augmentation du transfert dans le secteur des hydrocarbures de 30% actuellement, à 50% en 2022». Aïmene Benabderrahmane n’a pas manqué de souligner la volonté de son gouvernement d’œuvrer à l’exploitation de la richesse minière, précisant que celle-ci «pâtit de l’inexistence d’une stratégie nationale aux contours clairs». Au chapitre des énergies nouvelles, le Premier ministre a indiqué que l’objectif du gouvernement à travers son soutien à la transition énergétique étant de garantir la sécurité énergétique et assurer un développement vert et durable à travers la réalisation de 15.000 mégawatts d’énergies renouvelables d’ici à 2035. L’autre annonce du Premier ministre porte sur la création d’une instance jouissant de larges prérogatives pour la gestion des mécanismes octroyant divers avantages et incitations aux entreprises industrielles en vue de mieux cibler ces avantages et orienter les investissements industriels vers les régions à grandes potentialités et définir les activités en recul. Pour ainsi dire, le plan d’action du gouvernement, présenté, hier, par le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, est axé essentiellement sur l’engagement de réformes structurelles destinées à relancer l’économie nationale, à renforcer sa résilience face aux chocs externes à travers le soutien aux filières à haute valeur ajoutée, et à moderniser le système bancaire et financier.