Des lignes entre les grandes villes avec des trains roulant entre 160 et 220 kilomètres/h seraient une des solutions dans la lutte contre la mortalité routière. Mais des lignes de voies ferrées importantes ralliant de grandes villes accusent un important retard.

Par Khaled Remouche
L’été 2022 est caractérisé par une augmentation du nombre d’accidents souvent meurtriers. Un bilan récent de la protection civile 61 personnes ont trouvé la mort dans accidents de la circulation survenus à travers différentes régions du pays durant la semaine du 31 juillet au 6 août, 44 autres personnes durant la semaine du 7 au 13 août, 59 personnes sont décédées durant la semaine allant du 14 au 20 août et 51 personnes durant la semaine du 21 au 27 août, alors que 42 autres personnes ont trouvé la mort durant la période du 28 août au 3 septembre, soit une moyenne de 7 morts par jour. Le terrorisme routier reste l’une des principales causes de décès en Algérie avec cette tendance intolérable l’augmentation du nombre de victimes cette année.
Le dernier Conseil des ministres est allé plus loin en durcissant davantage les sanctions à l’encontre des conducteurs imprudents, des sociétés de transport qui ne respectent pas l’obligation de repos exigé la nuit pour les longs trajets. Les mesures coercitives sont incontestablement l’un des remèdes à cette recrudescence de drames humains. Toutes les mesures prises pour endiguer le phénomène sont nombreuses, mais restent insuffisantes. Pour des spécialistes de ce dossier, la voie ferrée et le monorail restent les principaux remèdes à cette morbidité. La première solution permet le transport d’un nombre important de passagers et de marchandises entre les grandes villes évitant ou atténuant les flux de véhicules, camions et bus avec cet avantage des trajets beaucoup plus sécurisés et donc beaucoup moins de morts, la fréquence des accidents ferroviaires étant beaucoup plus faible.
La voie ferrée prévoit le transport de masse de personnes et de marchandises. Autre avantage, le train est beaucoup plus écologique. Fort de ces avantages, l’Etat algérien a décidé de lancer en 2008-2009 les travaux du projet de la rocade nord longue de 1 800 kilomètres, un dédoublement des voies et l’électrification des lignes d’Annaba à Tlemcen, permettant de rouler à des vitesses entre 160 et 220 kilomètres/h. Plus de dix ans après le lancement des travaux de ce grand chantier, des lignes importantes dans ce réseau ferroviaire ne sont pas achevées, Oran-Tlemcen, Thenia-Bordj Bou-Arréredj, Annaba-Ramdane Djamel. Ces trois projets accusent un retard important ainsi que l’électrification de toutes ces lignes d’Est en Ouest sans que cela inquiète les plus hautes autorités du pays.
Le président de la République lors du dernier Conseil des ministres a sommé le gouvernement d’accélérer la travaux de réalisation des nouvelles voies ferrées. On peut se demander pourquoi ces projets ne bénéficient pas du même suivi accordé par les autorités concernées à l’achèvement des travaux des infrastructures sportives pour les jeux Méditerranéens d’Oran, les stades de Baraki et de Douera qui ont permis de rattraper le retard dans les travaux et de contribuer à la réussite des jeux Méditerranéens d’Oran, pour les seconds de connaître une avancée très importante dans leur achèvement. Pourquoi pas le même suivi pour achever la rocade nord qui sera l’une des solutions dans la lutte contre le phénomène de la mortalité automobile ? Quant au monorail, très rapide et utilisé dans les grandes villes au Japon et en Chine, il permet d’éviter la congestion du trafic automobile et a cet avantage d’occuper peu d’espace.
Le métro aérien est également une solution. Qu’on se rappelle le projet de métro aérien était dans les cartons entre Aïn Naadja et Ben Aknoun permettant de décongestionner le trafic sur la voie à grande circulation Dar El Beïda-Zéralda en partenariat entre Cosider et le français Alstom. Ce projet a été annulé en raison de son coût selon les autorités de l’époque. Mais le coût des accidents sur cette voie cumulée sur plusieurs années est plus important. <