Par Nadir Kadi
Malgré l’extension de «quatre jours» du délai d’inscription sur la liste du pèlerinage 2022, ou encore la création, pour l’occasion, d’un crédit sans intérêts nommé «Essabil» par la Banque national d’Algérie (BNA), le quota de «18 697 places», accordé cette année aux Algériens par les autorités saoudiennes, n’est toujours pas atteint. En cause, le prix du voyage, estimé à plus de 850 000 dinars, jugé particulièrement excessif. En effet, les derniers chiffres communiqués, hier, par le directeur de l’Office national du pèlerinage et de la omra (ONPO), Ahmed Slimani, laissent apparaître que près de 4 700 «places» sont encore proposées aux pèlerins algériens : «Le nombre des inscrits via la plateforme électronique et qui se sont acquittés des coûts du hadj est à l’heure actuelle de 14 000 personnes.» Le responsable lance en ce sens un appel aux citoyens éligibles, les invitant à «profiter de l’occasion» avant la fermeture définitive des inscriptions le 8 juin prochain. Les autorités algériennes ayant de surcroît «veillé» à ce que les pèlerins algériens bénéficient de «services de qualité». Pèlerinage à La Mecque, qui reste toutefois soumis à certaines «mesures sanitaires» imposées par les autorités saoudiennes, notamment une interdiction d’accès aux personnes de plus de 65 ans, en plus de l’obligation d’être vacciné contre la Covid-19. Le responsable de l’ONPO reconnaît que la situation n’est toujours pas revenue à la normale d’avant-pandémie. Le principal «point noir» pour Ahmed Slimani serait naturellement la question de la hausse des prix du voyage, des services et de l’hébergement… Une conséquence notamment des «nouvelles taxes allant de 5 à 15% (…) sur des services tels que l’assurance médicale et l’assurance en cas de Covid», ou encore suite à la nouvelle taxation sur les visas demandées par l’Arabie Saoudite. Situation qui pousserait les pèlerins à reporter leur départ, en espérant une éventuelle baisse des prix dans les prochaines années ; les déclarations du directeur de l’Office national du pèlerinage et de la omra sont pourtant peu optimistes sur ce point. Le responsable indique en effet qu’il se pourrait, au contraire, que les prix continuent de grimper après la levée de toutes les restrictions «sanitaires» et plus encore après un éventuel retour des «quotas complets» accordés à l’ensemble des pays qui entraînerait la présence simultanée de «plus de 1,8 million de personnes». Un point de vue de Ahmed Slimani qui invite entre les lignes à «profiter de l’occasion» durant cette année 2022, d’autant que l’Office national du pèlerinage et de la omra, «sur instruction du Premier ministre», a fait en sorte que la délégation des pèlerins algériens bénéficie de «services de qualité» notamment en ce qui concerne la proximité entre les lieux de pèlerinages et les sites d’hébergement. Voyage à La Mecque qui reste largement impacté par les conséquences de la crise de la Covid, mais aussi pas les craintes sur la baisse du pouvoir d’achat ; il est à rappeler que la BNA avait annoncé, jeudi dernier, la création d’un crédit sans intérêts «pouvant couvrir jusqu’à 70% des frais du hadj, notamment d’hébergement, de restauration et de transport, dont le prix du billet d’avion». Le remboursement de la banque s’étalant, par ailleurs, selon son directeur général, Mohamed Lamine Lebbou, sur «24 mois» et avec «un différé de remboursement de 3 mois». <