Certes, le Symposium pour le «renouveau du football algérien», organisé les 11 et 12 décembre à Alger, a été instructif à plus d’un titre. Cependant, il faut reconnaître, d’une part, que le moment choisi pour l’organiser n’est pas propice, d’autant que l’on remarque qu’il a été préparé dans la précipitation. D’autre part, la centaine des recommandations faites par les composantes des huit ateliers et leurs huit thématiques entrent dans le cadre de l’utopie quant à leurs applications réelles sur le terrain au vu de la conjoncture économique actuelle.

Organiser un tel rassemblement pour le devenir du football national, au milieu d’une saison sportive et surtout après l’annonce de la nouvelle réorganisation de la FAF, montre bien le caractère «amateur» des organisateurs.
Exemple : plusieurs recommandations nécessitent une «révision» des statuts et des règlements de la FAF. Et ce, sans parler des compétitions amateurs et professionnelles. Comment procéder à de tels changements alors que cela nécessiterait au moins une AG extraordinaire ?
Parallèlement, pour certaines recommandations, il y a lieu de changer carrément des lois et décrets sur le plan juridique et d’aucuns savent la procédure pour de telles «réaménagements» juridiques…
Coup d’épée dans l’eau ?
Cette précipitation dans l’organisation de ce symposium prouve au moins une chose, c’est qu’on a voulu mettre de la poudre aux yeux des férus de la balle ronde algérienne après toutes les erreurs commises par l’actuel bureau fédéral de la FAF dirigé par M. Kheireddne Zetchi. Le dernier «scandale» de la candidature du vice-président de la FAF, Ould-Zemirli pour l’élection au comité exécutif de la CAF en est la parfaite illustration.
Mieux encore, l’un des acteurs les plus actifs dans le football algérien, à savoir le porte-parole de l’ASO Chlef (Ligue 2 algérienne de football), Abdelkrim Medouar, a estimé que le professionnalisme, instauré depuis 2010, avait été lancé «précipitamment» et que ce mode de gestion n’avait pas encore atteint ses objectifs.
«La Fédération algérienne (FAF) s’est précipitée à instaurer le professionnalisme en Algérie. La décision a été prise du jour au lendemain. Il aurait fallu prendre du temps et revenir aux associations à l’instar de ce qui a été fait chez nos voisins», a affirmé Medouar en panel, lors du symposium sur le «renouveau du football national» organisé par l’instance fédérale.
Or, il se trouve que M. Medouar était l’un des acteurs principaux du lancement de ce professionnalisme !

Temps austères

Encore faut-il aussi rappeler qu’à ce moment-là, le duo Raouraoua – Mecherara était «obligé» de lancer ce professionnalisme car ayant eu des pressions pour le faire. Et finalement, ceux qui étaient censés les aider dans cette tâche, surtout pour les opérations ne faisant pas partie de leurs prérogatives (FAF et LFP), ont mis en veilleuse le processus de son évolution. Les problèmes bureaucratiques ont été les principaux freins de la relance. De plus, la dépendance de certaines opérations qui dépassent aussi bien la FAF que le MJS ont aussi participé à ce blocage du professionnalisme. Et là, il faut bien «avertir» les organisateurs de ce symposium qu’il faudra se préparer à rencontrer les mêmes problèmes, voire plus, que Raouraoua juste avec le professionnalisme d’autant que la situation économique actuelle est bien plus difficile qu’avant. Et c’est justement ce qui a poussé Raouraoua à faire «cavalier seul» pour gérer les affaires de la Fédération algérienne de football. Ce qu’on lui reproche actuellement d’ailleurs en le criant sur tous les toits…Lui qui a laissé la santé financière de la FAF bien meilleure que celles de certaines institutions de l’Etat faut-il le reconnaitre aussi.
Entre l’idéal  et l’idyllique
En parcourant la centaine de recommandations du symposium, on remarque bien que beaucoup d’entre elles, pour ne pas dire les plus importantes, ne dépendent nullement que de la FAF.
Mieux encore, pour être plus illustratif, donnons l’exemple des infrastructures. D’aucuns savent que le manque d’infrastructures est le principal problème à la formation des jeunes talents.
Or, l’Etat, à travers le ministère de la jeunesse et des Sports, rencontre des difficultés pour la réalisation des derniers projets de ces infrastructures sportives qui tardent à voir le jour. Certaines ont été lancées il y a de cela dix ans.
C’est bien beau d’avoir de telles recommandations vraiment «idéales» pour relancer un football comateux, mais leur réalisation sur le terrain n’est qu’un «rêve» que les plus pragmatiques savent qu’il fait déjà partie de l’utopie…