Nous en savons désormais un peu plus sur le contenu de l’avant-projet de loi de finances 2022, qui a été examiné lors de la dernière réunion du Conseil des ministres. Après la crise sanitaire qui a fragilisé l’économie nationale, c’est le moment de préparer le retour de la croissance et panser les blessures sociales provoquées par le choc pandémique, dont l’érosion du pouvoir d’achat des Algériens et la hausse du taux de chômage. Le gouvernement fait la part belle à l’investissement budgétaire et à l’amélioration du pouvoir d’achat dans son avant-projet de loi de finances 2022.

Par Hakim Ould Mohamed
D’ailleurs, les dépenses inscrites au titre de l’exercice budgétaire 2022 connaissent un bond spectaculaire en raison, bien évidemment, des exigences de la période post-Covid, aussi bien au plan économique que social. Ainsi, selon les données contenues dans l’avant-projet de loi de finances 2022, le total du budget d’équipement caracole à plus de 3 500 milliards de dinars, contre un budget d’équipement de près de 2 800 milliards de dinars de l’exercice actuel. Assurément, la hausse du budget d’équipement s’explique par la volonté du gouvernement de relancer l’investissement par le budget, histoire de permettre aux entreprises de se relever au lendemain d’une crise sanitaire qui s’est révélée chaotique pour plusieurs d’entre elles.
En plus de la hausse du budget d’équipement, les dépenses de fonctionnement connaissent à leur tour une importante augmentation, due, en partie, à la prise en charge des mesures en faveur de l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs et des chômeurs. Les dépenses de fonctionnement culmineront ainsi à plus de 6 300 milliards de dinars en 2022, contre une dépense globale de 5 300 milliards de dinars cette année, soit une augmentation d’un peu plus de 1 000 milliards de dinars. C’est un argent qui sera injecté dans la prise en charge des nouvelles dispositions au bénéfice des salariés et des chômeurs, dont le pouvoir d’achat a nettement dégringolé ces dernières années, sous l’effet de plusieurs facteurs, dont la hausse de l’inflation, la dépréciation du dinar, la hausse des produits de base sur le marché mondial et la dérégulation des marchés et des circuits de distribution en interne.

Importante hausse du déficit budgétaire
Passée la crise du marché pétrolier qui a marqué l’année 2020 et qui s’est traduite par une rechute drastique des cours pétroliers mondiaux, le gouvernement décide enfin de s’attaquer au volet social de la crise, profitant d’une meilleure conjoncture budgétaire. Au chapitre des recettes, l’avant-projet de loi de finances 2022 table sur un total-recettes de 5 683 milliards de dinars, fiscalité pétrolière comprise, contre une prévision de recettes de 5 328 milliards de dinars cette année. La fiscalité pétrolière signe un rebond appréciable l’année prochaine avec, au tableau, une prévision de 2 103 milliards de dinars. La fiscalité ordinaire devrait s’inscrire également en hausse, soit une prévision de 3 579 milliards de dinars l’an prochain contre une prévision de clôture de 3 408 milliards de dinars cette année.
La hausse des dépenses en période de faible évolution des recettes entraînera une importante hausse du déficit budgétaire, lequel devrait caracoler à plus de 4 000 milliards de dinars l’an prochain. C’était prévisible compte tenu de la hausse des dépenses, nécessaire pour la prise en charge des impératifs de croissance et de la crise sociale engendrée par la crise sanitaire. Ce sont les deux impératifs auxquels est confronté le gouvernement en cette période post-pandémique, laquelle a identifié de manière claire les dossiers prioritaires qui s’offrent à l’Exécutif. Ceux-ci semblent être pris en charge par la loi budgétaire du prochain exercice qui donne la part belle à la relance de l’investissement budgétaire et à l’amélioration des conditions de vie des Algériens.