A une semaine de la rentrée universitaire prévue le 15 décembre, c’est une véritable course contre la montre pour la tutelle qui, au-delà d’un discours rassurant quant à la maîtrise des conditions de la reprise des cours, n’arrive pas à régler certains aspects aussi bien ceux qui relèvent de la pédagogie que ceux liés aux œuvres universitaires, éléments essentiels dans le contexte pandémique.
Côté pédagogie, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche supérieure, Abdelbaki Benziane, a fait état d’une option qui va alterner des cours en présentiel pour les matières essentielles et à distance pour les autres modules. Hier, sur les ondes de la radio, le ministre a souligné la mise en place des plateformes numériques dédiées aux cours universitaires via internet dans la perspective de la rentrée universitaire.
Et si M. Benziane a relevé quelques points négatifs de ce mode d’enseignement, notamment «le manque d’interactivité entre enseignant et étudiant», il a promis d’y remédier «par la formation des enseignants quant à l’usage de ces plateformes». Or, il ne fait point de doute, compte tenu de l’expérience de l’exercice écoulé, que l’e-enseignement ne peut remplacer l’enseignement habituel pour plusieurs facteurs qui ont fait que le recours à ce mode pour achever l’année pédagogique 2019-20 ne peut objectivement être reconduit pour mener la nouvelle année, dont le coup d’envoi devait être donné le 22 novembre avant qu’il ne soit décalé suite au rebond de la pandémie. Mais, du côté de la tutelle, on semble établir un constat de «succès» de l’enseignement à distance, d’où cette option de l’enseignement hybride retenue et qui consiste «en une alternance d’enseignement en mode présentiel par vagues et en mode enseignement à distance (EAD)», a expliqué le ministre.
Pour M. Benziane, les établissements universitaires «ont fait preuve de maîtrise et de compétence l’année passée en s’y adaptant en dépit des contraintes rencontrées afférentes, notamment au faible débit de l’internet».
Côté prestation universitaire (hébergement, transport et restauration), l’équation semble plus complexe où la concentration estudiantine risque d’affaiblir les possibilités d’adhésion au protocole sanitaire en vigueur auquel tient le Comité scientifique chargé du suivi de la pandémie, ainsi que d’autres voix du corps médical.
Le premier responsable du secteur de l’enseignement supérieur a rassuré, à ce propos, que le protocole établi par le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus «sera appliqué avec vigueur».
S’agissant de la question des transports inter-wilayas qui inquiète davantage les étudiants inscrits hors de leurs lieux de résidence, le ministre a fait part de la réunion de la commission interministérielle (université-transports) «pour étudier les propositions visant à permettre aux étudiants de bénéficier des services du transport ferroviaire à partir du 15 décembre.
A noter que lors de sa rencontre avec les partenaires sociaux du secteur, M. Benziane a souligné sa détermination à lancer la réforme du système des œuvres universitaires sur la base de «la rationalisation de la gestion et des dépenses» pour «promouvoir la performance de ce système, améliorer sa gestion et garantir la qualité des prestations assurées à l’étudiant». n