Les préparatifs en prévision de l’élection présidentielle du 12 décembre prochain se poursuivent.

L’autorité nationale indépendante des élections (Anie) a fait savoir que le décompte préliminaire de la révision exceptionnelle des listes électorales, à quelques heures avant la clôture de l’opération, dimanche, était établi à 128 000 nouveaux inscrits et 40 000 cas de décès. L’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) est également entrée en scène, hier, en annonçant qu’elle travaille en coordination avec l’Anie sur la question du passage des candidats à la présidentielle sur les différents supports médiatiques de l’audiovisuel, afin d’assurer une répartition équitable du temps alloué à chaque candidat. Cette mesure vient en application de la nouvelle loi portant création de l’Autorité des élections qui stipule que «la répartition d’une manière juste et équitable du temps d’antenne dans les médias audiovisuels nationaux au profit des candidats, en coordination avec l’Autorité de régulation de l’audiovisuel, est parmi les missions qui sont dévolues à l’Anie, ainsi que la facilitation du travail des institutions médiatiques et des journalistes pour leur permettre de suivre les différentes phases des opérations électorales». Dans ce sens, l’Arav a fait savoir, dans un communiqué rendu public hier, qu’elle a saisi l’ensemble des intervenants de l’audiovisuel, aussi bien publics que privés, afin de les «inviter de s’éloigner du sensationnel et de l’alarmisme lors de la couverture du scrutin du 12 décembre prochain», tout en leur réitérant «sa confiance quant à leur sens de responsabilité et de conscience professionnelle». L’Arav leur recommande, dans le même ordre d’idées, «d’être à la hauteur des cet événement électoral qui constitue une amorce de la concrétisation de la solution constitutionnelle de la crise que vit le pays, et ce, à travers l’élection d’un président de la République qui, fort de sa légitimité, pourra exercer ses prérogatives constitutionnelles».
Parallèlement à ces préparatifs, notamment administratifs, on continue d’assister à des fermetures d’assemblées populaires communales par des citoyens en signe de contestation ou encore à des rassemblements de citoyens devant des APC, et ce, dans le but de marquer leur refus d’aller à une élection présidentielle dans les conditions actuelles. Sans oublier les marches populaires qui se poursuivent les vendredis et celles des étudiants les mardis. Ce qui traduit, de façon on ne peut plus claire, que les Algériens ont perdu la confiance qui sert de ciment entre lui et ses gouvernants, et fait régner, et cela est perceptible, un climat des plus tendus.
Il semble que les assurances du président de l’Anie Mohamed Charfi, quant à l’organisation d’un scrutin libre et transparent n’ont pas eu l’effet escompté auprès d’une partie de la population qui continue d’exprimer son scepticisme. Mais pas seulement. Une partie de la classe politique exprime également son scepticisme en déclarant refuser de prendre part à l’échéance de décembre prochain. Ils sont, en effet, nombreux les chefs de parti et même les personnalités politiques à avoir renoncé à une ambition présidentielle affichée, pourtant, de longue date. Après le refus, samedi dernier, de Mouloud Hamrouche de participer à l’élection présidentielle du 12 décembre prochain suite à l’appel de ses sympathisants, c’était au tour d’Abdelaziz Rahabi de réitérer, hier, sa décision de ne pas aller à ce scrutin. Il est, ainsi, revenu sur ce sujet en donnant les raisons de sa décision, dont la première est que «les conditions d’une élection régulière et transparente ne sont pas réunies». «A mon sens, nous ne sommes pas dans un climat de nature à garantir le passage d’un système autoritaire à un système démocratique réclamé par des millions de citoyens et de citoyennes. Je m’investis depuis longtemps dans le combat pour une transition démocratique, pour favoriser les convergences et rapprocher les positions, mais je refuse de cautionner une autre confiscation de la victoire du peuple», a-t-il déclaré à un site électronique. Le président du PLJ, Mohamed Saïd, bien que n’ayant jamais caché ses ambitions présidentielles, a, lui aussi, fait marche arrière il y a quelques jours en soulignant «ne pas être concerné par ces élections tant qu’elles ne constitueront pas le couronnement d’un large consensus national qui ouvre la voie à un changement radical et au renouvellement de la classe politique». D’autres figures attendues pour ces joutes électorales, dont Abderrazak Makri (président du Mouvement de la société pour la paix) et Abdellah Djaballah (président du Front pour la justice et le développement) se sont également ravisées en se retirant complètement de l’élection présidentielle, alors qu’ils avaient pris option, à défaut de se porter eux-mêmes candidats, de soutenir un autre candidat. Parmi les potentiels candidats les plus connus qui restent dans la course, il y a Ali Benflis, président de Talaie El Hourriyet, Abdelmadjid Tebboune, en tant qu’indépendant, Abdelaziz Belaïd du Front El Moustaqbal, Abdelkader Bengrina du Mouvement El Bina El Watani, auxquels s’est joint, dernièrement, Azzedine Mihoubi, secrétaire général par intérim du RND.