Les mesures mises en place pour réconcilier les opérateurs économiques avec l’acte d’investir semblent porter leurs fruits auprès de ces derniers.

Par Feriel Nourine
C’est, en tous les cas, ce que laisse transparaître un premier bilan du ministère de l’Industrie qui met en avant l’affluence des opérateurs vers les directions de wilaya de l’Industrie pour s’enquérir des mécanismes introduits par les pouvoirs publics pour lever les obstacles, notamment bureaucratiques, qui ont longtemps paralysé l’entrepreneuriat en Algérie.
Pour les deux mois de septembre et octobre derniers, ce sont quelque 1 808 opérateurs économiques qui se sont déplacés au niveau de ces directions pour exposer leurs préoccupations, indique le ministère. L’essentiel des renseignements demandés porte sur la nouvelle loi sur l’investissement, récemment promulguée, et sur les demandes de foncier industriel, selon le document de la tutelle. Ces deux aspects totalisent 83% de l’ensemble des questionnements émis par les 1 808 opérateurs qui se sont relayés au niveau des directions locales en deux mois.
Avec plus détails, le bilan du ministère relève que les préoccupations relatives à la nouvelle loi sur l’investissement sont au nombre de 764, suivies des demandes du foncier industriel, avec 737 préoccupations. Nombreux sont également les opérateurs qui ont manifesté des préoccupations liées à la levée des obstacles et aux mesures administratives relatives aux permis d’exploitation et de construire et au raccordement aux différents réseaux, fait savoir encore le document avec 307 préoccupations enregistrées à ce sujet.
En plus d’être le résultat des «réformes engagées par les pouvoirs publics, notamment à travers la promulgation de la nouvelle loi sur l’investissement», la «grande affluence des opérateurs enregistrée par les directions locales est «un signe de la confiance retrouvée entre les investisseurs et les opérateurs économiques et l’administration grâce aux dispositifs créés», explique-t-on dans le bilan. Citant, parmi ces dispositifs, «la Commission chargée de la levée des obstacles et le Médiateur de la République, outre la politique de relance des projets suspendus initiée par le Président de la République».
Au classement par wilaya, Oum El Bouaghi arrive en tête des préoccupations enregistrées, avec 198 cas, suivie de Boumerdès (123), Aïn Témouchent (99), puis Tipasa (75), fait savoir encore la même source.
Concernant le classement par secteur, le bilan de la tutelle fait ressortir le secteur industriel en tête avec 649 préoccupations enregistrées, soit 36% du total des préoccupations, suivi par le secteur administratif avec 116 préoccupations (6%) et commercial avec 105 préoccupations (6%).
Cette forte domination du secteur industriel s’explique par» l’intérêt particulier accordé par les opérateurs au secteur industriel sur les plans de l’investissement et des intentions d’investissement, notamment le domaine des industries légères, de transformation, alimentaires et autres», affirme-t-on. Dans le cas du secteur commercial, la majorité des préoccupations soulevées a trait «au foncier et aux procédures de réalisation de projets à l’instar de marchés et de stations de services», précise-t-on.
Le secteur du tourisme est, lui aussi, cité dans la bilan du ministère, avec 68 préoccupations enregistrées, soit 4% du taux global des préoccupations soulevées. L’essentiel de ces préoccupations concerne les régions du Sud, souligne-t-on. Dans le domaine agricole, les préoccupations des opérateurs ont concerné les modalités d’accès aux matériel et au foncier agricoles, en sus des intentions d’investissement dans le domaine du packaging et du stockage des fruits et légumes et des légumineuses, ainsi que les légumes avec 48 préoccupations.
Concernant le secteur de l’énergie, la majorité des préoccupations soulevées au niveau des directions locales de l’Industrie a porté sur la réalisation de stations d’essence, les problèmes de raccordement à l’électricité et au gaz, le transfert des poteaux électriques entravant la réalisation de projets d’investissement et le raccordement des structures au réseau électrique à haute tension. Le même bilan a indiqué que 48 préoccupations ont été enregistrées dans le secteur de l’énergie, soit 3% du taux global.
Concernant les secteurs de la santé et des travaux publics, les directions de l’Industrie ont enregistré 20 et 12 préoccupations respectivement soulevées par les investisseurs. n