Les ingénieurs de la ferme d’El-Barhana de Hassi Benabdallah (Ouargla) mènent également plusieurs expériences pour étudier la capacité d’adaptation du triticale aux conditions pédoclimatiques du Sud. C’est une plante céréalière issue d’un croisement de seigle et de blé dur, adaptable à tous les milieux, selon les premiers résultats obtenus, nous fait savoir l’ingénieur en agronomie, Babaami Omar.
Le triticale nécessite moins d’entretien que le blé. L’attractivité de cette plante dans les zones céréalières est faible, elle est utilisée surtout pour l’élevage à l’exception de quelques débouchés bien limités qui sont à l’étude, notamment le pain et la production d’éthanol. La valeur alimentaire du triticale est très proche de celle du blé, considère Babaami
Le potentiel de rendement du triticale, selon cet ingénieur, est très élevé par rapport aux autres céréales et peut dépasser les 100 q, alors que le rendement de paille (fourrage) est supérieur de 50% à celui du blé ou de l’orge. Il est donc l’un des favoris chez les semenciers obtenteurs de céréales à paille à travers le monde, malheureusement, encore méconnu en Algérie. Les essais préliminaires ont donné un excellent rendement, révèle l’ingénieur. Cette plante, bien qu’utilisée comme alimentation humaine sous la forme de farines multigrains, reste une source d‘énergie intéressante pour l’alimentation animale et principalement la volaille. La valeur nutritionnelle du triticale est adaptée pour le substituer au blé dans la formulation d’aliments aux élevages avicoles.
Ces essais entrent dans le cadre d’un programme de développement des cultures stratégiques en terres sahariennes en vue de renforcer les capacités nationales agricoles et agro industrielles. Un programme lancé par le gouvernement au mois d’août dernier dans le but de promouvoir et développer les cultures à caractère stratégique destinées à l’industrie de transformation pour répondre aux besoins nationaux et réduire la charge des importations. A noter que le triticale occupe le 5e rang de la production céréalière française, se positionnant derrière le blé tendre, l’orge, le maïs et presque à égalité avec le blé dur.
Une nouvelle céréale prometteuse
Selon une étude menée en 2009 par des chercheurs en agronomie dans le centre universitaire d’El Taref, l’introduction du triticale en Algérie semble prometteuse comme matière première pour l’alimentation des animaux, du fait qu’il peut être cultivé dans des zones à conditions climatiques défavorables et limitées pour la culture des blés.
L’étude révèle que la teneur en protéines est sensiblement la même que celle du blé mais ne possède pas la même qualité de gluten pour faire un bon pain de levain, par contre cette céréle peut être utilisée dans l’alimentation du bétail.
En effet, l’utilisation du triticale dans le cadre de l’alimentation du bétail doit être soutenue pour son bon rendement en graines, estimé à 3,5 millions d’unités gros bétail (UGB), porte l’étude. La culture des variétés de triticale pour la production de graines peut être conçue à travers leur intégration dans les formules alimentaires de nos ruminants après caractérisation de leurs valeurs nutritives. De ce fait, ils contribuent ainsi à diminuer la part des importations des produits alimentaires (viandes rouges et lait) en assurant un coût de revient des productions animales plus accessible aux consommateurs. Cette céréale prometteuse peut être utilisée par l’industrie de l’alimentation animale en substitution aux graines d’orge et de maïs qui sont importées. Le triticale est peu cultivé pour la production de graines, la part de cette espèce occupant seulement 21 000 ha des surfaces cultivées en céréales en Algérie, selon les statistiques de l’an 2000, révèle la même étude.G. C.