L’Algérie participe aujourd’hui à la première édition de la Foire commerciale intra-africaine (Iatf). L’évènement se déroulera à partir d’aujourd’hui jusqu’au 17 décembre 2018 au Caire, sur le thème «Transformer l’Afrique». Trente-huit entreprises nationales, publiques et privées,

y participent, ainsi qu’une délégation importante conduite par le ministre du Commerce Saïd Djellab. La manifestation cairote, indique un communiqué de son département, est organisée par la Banque africaine import export (Afreximbank), en collaboration avec l’Union africaine (UA). Les PME algériennes qui y participent sont essentiellement présentes dans les secteurs de l’agroalimentaire et des produits agricoles, l’électroménager, l’industrie mécanique et les textiles.

L’Iatf, indique-t-on, est organisée aux fins de stimuler le commerce intra-africain et soutenir la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) dont l’accord avait été signé en mars 2018 par 44 chefs d’Etat et de gouvernements africains lors du sommet extraordinaire de l’UA à Kigali (Rwanda). Selon une analyse de l’Afreximbank, l’une des raisons pour lesquelles le commerce intra-africain est faible, aux environs de 15%, contre 59% en Europe, 51% en Asie et 37% en Amérique du Nord, réside dans le déficit d’accès à l’information sur le commerce et le marché du continent. Pour cette raison, la banque africaine chargée des opérations de commerce extérieur a décidé d’organiser cette Foire commerciale intra-africaine tous les deux ans afin de fournir des informations sur le marché et le commerce et servir de contact entre les différents acteurs du commerce africain.
Ce qui devrait représenter une aubaine pour les opérateurs algériens pour rayonner davantage à l’international et défendre leurs produits dans des marchés porteurs. Les échanges commerciaux de l’Algérie avec l’Afrique demeurent faibles, rappelle-t-on. Ils ne dépassent pas les 3 milliards de dollars par an et ne concernent pratiquement que cinq pays du continent. Ces 3 milliards de dollars d’échanges, précise-t-on, se répartissent entre 1,6 milliard de dollars d’exportations algériennes et de 1,4 milliard de dollars d’importations. Les exportations algériennes hors-hydrocarbures vers l’Afrique s’élèvent, quant à elles, à 206 millions de dollars seulement, soit 13% du montant global des exportations vers le continent.
Selon les organisateurs, la foire du Caire constitue une étape importante vers la réalisation de la zone de libre-échange continentale africaine. On apprend également que le choix du Caire pour abriter la première édition de la foire intra-africaine a été décidé à la suite de la signature de l’accord d’accueil entre Afreximbank, l’Union africaine et le gouvernement égyptien, en marge du sommet de l’UA qui s’est tenu récemment à Kigali (Rwanda). Cette première édition de l’Iatf regroupe cette année près de 1 000 exposants de toute l’Afrique et autres. Soixante-dix mille (70 000) visiteurs y sont attendus dont un grand nombre de professionnels en quête d’informations sur les opportunités d’investissement et accords commerciaux. On estime par ailleurs que cet évènement continental devrait générer près de «70 millions de dollars d’accords commerciaux». «Un montant qui permettrait l’entrée sur un marché unique de près de 1 milliard de personnes». La participation de l’Algérie est pilotée par une commission nationale multisectorielle chargée de la préparation et de l’organisation des manifestations économiques et des exposions algériennes à l’étranger qui a été installée dernièrement. Cette instance aura entre autres missions de s’assurer que les opérateurs intéressés répondent à l’exigence que tout participant est en mesure de représenter dignement le pays par l’excellence de sa production et de se projeter à l’exporter en continu et non pas de façon saisonnière.
A ce propos, le ministre du Commerce,
M. Saïd Djellab a fait part, dimanche dernier à Alger, de l’organisation en 2019 et en 2020 d’une tournée à travers une quarantaine de pays pour promouvoir les produits algériens à travers le monde et leur permettre de pénétrer les marchés extérieurs. Une rencontre nationale sur le développement des exportations nationales se tiendra à ce sujet dans les prochains jours à Alger, qui regroupera l’ensemble des acteurs de la logistique, des douanes et des établissements bancaires notamment, et ce, dans l’objectif d’élaborer une feuille de route dédiée au renforcement des exportations hors hydrocarbures.<