Jour J. Le projet de révision constitutionnelle, initié par le président Tebboune, admis depuis mercredi dernier dans un hôpital allemand, aborde aujourd’hui son étape finale avec le déroulement du référendum populaire, qui verra les Algériens – plus de 24 millions inscrits sur les listes électorales – s’exprimer sur le contenu de la mouture de la nouvelle Constitution élaborée par un comité de constitutionnalistes coordonné par le professeur Ahmed Laraba.

Dans le détail, le nombre d’inscrits est de 24 475 310 électeurs, répartis entre 13 193 centres de vote et 43 autres à l’étranger, alors que l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a déployé un total de 438 000 encadreurs au niveau des bureaux de vote.
«Dans le cadre de l’opération référendaire, 61 000 bureaux de vote sont prévus à l’échelle nationale et 438 000 encadreurs mobilisés, dont 90 000 membres du secrétariat chargés d’encadrer l’opération de vote et préserver l’intégrité et la régularité du scrutin», a précisé Mohamed Charfi, président de l’ANIE, la veille du référendum.
Première consultation sous le règne d’Abdelmadjid et deuxième sous l’encadrement de l’ANIE, le référendum clôt trois semaines de campagne référendaire qui n’a pas suscité l’engouement populaire dans un contexte sanitaire contraignant venu renforcer la désaffection des Algériens pour ce genre de rendez-vous.
L’opération de vote a, cependant, déjà commencé, depuis jeudi, dans les bureaux itinérants déployés dans les régions éloignées du Grand-Sud et, depuis hier, pour les Algériens établis à l’étranger dont les intentions de vote sont vraisemblablement impactées par le contexte sanitaire qui prévaut dans leur lieu de résidence.
Le président de l’ANIE a souligné, hier, concernant l’organisation de l’opération électorale pour la communauté nationale établie à l’étranger, notamment dans les pays où des mesures strictes de lutte contre la pandémie sont prises depuis quelques jours, que l’ensemble des bureaux de vote, aussi bien en Algérie qu’au niveau de nos représentations diplomatiques, sont préparés pour accueillir les électeurs. «Nous avons laissé toute latitude à nos ambassadeurs et consuls pour prendre les mesures nécessaires et s’adapter aux conditions de chaque pays», a indiqué M. Charfi. Dans les bureaux de vote prévus aujourd’hui aux quatre coins du pays, l’opération se déroulera sous protocole sanitaire élaboré par l’ANIE et validé par le Comité scientifique chargé du suivi et de l’évaluation de la pandémie pour prévenir les risques de propagation de l’épidémie. Il s’agit, à titre d’exemple, de l’accès à l’intérieur du bureau de vote qui n’est autorisé que pour 2 ou 3 personnes à la fois et entre 5 et 7 membres à la salle de travail, en fonction de sa superficie ainsi qu’un dispositif de désinfection des lieux à accomplir de façon régulière. De même qu’il est prévu d’organiser des queues d’attente spéciales pour les gens âgés, les malades chroniques et les personnes aux besoins spécifiques afin de faciliter l’opération du vote. Pour ce qui est du parcours de l’électeur, 4 espaces seront dédiés aux électeurs depuis la présentation de l’identité jusqu’au vote et la signature.
Dans le cas de la validation du texte soumis aujourd’hui à référendum, la Constitution de 2016, amendée sous le règne de Bouteflika, aura vécu pour laisser place à une nouvelle loi fondamentale à laquelle tient tant son successeur Tebboune depuis sa candidature à la magistrature suprême.
Le projet de révision constitutionnelle «s’inscrit en droite ligne des exigences de l’édification d’un Etat moderne et répond aux revendications du Hirak populaire authentique béni», a indiqué Tebboune lors du Conseil des ministres d’adoption du texte, soulignant avoir veillé à ce que la Constitution, dans sa nouvelle mouture, soit «le plus largement consensuelle».
Pour sa part, le Premier ministre Abdelaziz Djerad avait déclaré, lors de sa présentation du projet devant les députés, que la révision de la Constitution «permettra de concrétiser les engagements décidés pour l’édification de la nouvelle République à la faveur d’une réforme globale de l’Etat et de ses institutions». M. Djerad avait ajouté que la nouvelle mouture de la Loi fondamentale «vise également à séparer l’argent de la politique, lutter contre la corruption et mettre l’Algérie à l’abri des dérives autocratiques et hégémoniques qu’elle a connues par le passé». <