Le lancement officiel de la Première Biennale algéro-française «Dzign 2020+1» a eu lieu, à Alger, dans l’enceinte de l‘Institut français d’Algérie (IFA) jeudi 27 mai 2021. Le coup d’envoi de cette importante manifestation culturelle a été donné par le Directeur de la coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France, Gregor Trumel, en présence du numéro deux, le chargé d’affaire de la chancellerie Adrien Pinelli, qui a prononcé une courte allocution au nom de l’ambassadeur de France actuellement en déplacement.

Par Sofiane Baroudi
La parole a ensuite été donnée à la commissaire de la Biennale Feriel Gasmi Issiakhem qui a expliqué la démarche dans laquelle elle s’est profondément investie dans ce projet. Décrivant une dynamique pluraliste de lien intrinsèque couvrant les champs de l’ingénierie, l’artisanat, l’architecture, l’art débouchant sur le design, elle a ouvert son exposé sur l’analyse historique de l’évolution de cette discipline, née de la révolution industrielle s’inscrivant dans la dynamique de la réinvention résiliente de l’environnement urbain.
La commissaire de Dzign 2020+1 a expliqué : « Le design évolue énormément par rapport aux conjonctures actuelles, aux besoins et aux attentes, bien évidemment la pluridisciplinarité est au cœur du projet Design. Le projet Design est entendu comme dessein, c’est un projet d’intention et de réflexion par rapport à des territoires donnés dans lesquelles le concepteur vit.»
Madame Gasmi Issiakhem continue sa communication, arguant : « On ne fait pas du design de la même manière en Suède, aux Etats-Unis, en France ou en Algérie. C’est pour cela qu’il faut vraiment se mettre en accord avec les réalités locales pour pouvoir s’investir intelligemment, parce que, justement, l’intelligence du designer est dans la justesse d’utilisation des matières. »
La Biennale algéro-française du Design se veut être un grand projet de coopération bilatéral, non seulement au niveau culturel mais aussi comme événement majeur centré autour de différents axes comme l’architecture, l’urbanisme et l’esthétique. Ceci dans la perspective d’apporter une réflexion profonde sur la ville de demain et de réinventer par la conception innovante, le dialogue, la pluridisciplinarité, ainsi que les arts, les métiers et la technique, les contours de la cité du futur dans le respect des valeurs de durabilité écologique et dans le cadre du vivre ensemble harmonieux.
Cette initiative, qui conçoit la cité comme objet d’intervention globale, s’étendra sur plusieurs espaces et couvrira un large programme d’expositions, d’installations et de performances ainsi que plusieurs projections débats de films agrémentés d’échanges d’idées, mais aussi de « Talks » donnant la possibilité aux intervenants et aux concepteurs d’apporter des éclairages et ouvrant grand le champ de la circulation de la pensée autour de la perspective de transformation de l’espace urbain.
Plusieurs structures vont abriter les différentes parties du programme qui s’étale sur un mois, tel l’IFA qui a ouvert le bal dès jeudi 27 mai, en proposant l’exposition photo préparée par l’Institut français du Design, ex-Institut d’esthétique industrielle, sous l’intitulé « Explore outside the box – photographiez la cité demain », ou encore Dar Abdelatif, siège de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) qui accueillera la pde clôture des expositions, assurée par le collectif pluri-artistique Tinnit, prévue le 26 juin.
Le 27 sera la clôture de DZIGN 2020+1 à l’institut français d’Alger avec une autre performance artistique par ElMoustach 

Ainsi cette première grande initiative de coopération artistique bilatérale sous le signe Dzign 2020+1 et à la ville est soutenue par plusieurs institutions, à commencer par le ministère de la Culture et des Arts, l’AARC ou encore le Musée d’arts modernes d’Alger (MAMA), mais aussi, par l’ambassade de France en Algérie, à travers son service de coopération culturelle, l’Institut français d’Algérie qui en est l’organisateur principal. Il est également à noter que des journées portes ouvertes sont prévues dans les grandes écoles partenaires autour des thèmes « Etudiants, villes durables», «valeurs socio-économiques et beauté ».
La première journée aura lieu à l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme (EPAU) le 10 juin et consistera à exposer les travaux réalisés par les étudiants ayant soumis leurs projets dans le cadre de la Biennale. Il y aura également des conférences débats dont la première est animée par Jean Viguier, suivie d’une seconde présentée par Mehdi Bennai et Mohamed Srir. L’Ecole supérieure des beaux-arts (ESBA), pour sa part, accueillera le 19 juin la restitution des travaux des étudiants sélectionnés investissant les rues du boulevard du Télemly sous forme de parcours ainsi qu’une conférence du designer Yamo.
Les ateliers sauvages, espace de production et espace d’art contemporain, connus et reconnus à Alger, sont aussi partenaires de cette première Biennale algéro-française, la galerie accueillera pour sa part l’exposition « Extramuros » du 3 au 26 juin pendant que Dar Abdelatif célèbrera en son sein l’expo « Intramuros » du 13 au 26 juin.