Officiellement férié depuis 1871, le 26 décembre est appelé « Boxing Day » car le personnel de maison ou les gens défavorisés recevaient des colis de noël – les boxes – de la part de leurs employeurs ou de bienfaiteurs.
Cet héritage de l’époque victorienne est aussi célébré dans de nombreux pays du Commonwealth (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande), mais il est aussi parfois connu sous le nom de Saint-Stephen’s day, notamment en Irlande.

UNE TRADITION AUSSI VIEILLE QUE LE CHAMPIONNAT
Sans remonter aux jeux médiévaux, lointains parents du football, joués les jours de fêtes religieuses comme Pâques ou Noël, le Boxing Day a toujours été une date spéciale pour le football anglais. Le tout premier match interclub, un derby entre le Sheffield FC et le Hallam FC, s’est déroulé un 26 décembre, il y a 160 ans de cela.
Vingt-huit ans plus tard, la saison inaugurale du championnat d’Angleterre, qui ne comptait que 22 matches, avait vu Preston North End terrasser Derby 5 à 0 le 26 décembre 1888. La tradition s’est maintenue et jusqu’à la saison 1957/58, il était même de rigueur que toutes les équipes jouent le 25 et le 26 décembre, le plus souvent des matches aller/retour entre les mêmes équipes. Si les matches de Noël ont été supprimés, la période des fêtes de fin d’années reste très dense, puisque entre le 26 décembre et le 4 janvier, trente matches seront joués avec un seul jour de relâche, le 31.

UN FESTIN TÉLÉVISUEL
Un peu à l’image de la période de Thanksgiving aux États-Unis, avec le football américain, il est tout à fait possible d’éviter les fastidieuses discussions familiales d’après-repas en passant devant le petit écran. La totalité des matches de la 15e journée, les 26 et 27 décembre, sont diffusés dont un même gratuitement sur la BBC le 26 à 16h00, Aston Villa-Crystal Palace. Depuis 2019, la période de fin d’année est devenue aussi un laboratoire pour l’arrivée de nouveaux acteurs, Amazon Prime Video ayant deux journées entières qui lui sont réservées, dont la 16e qui s’étale du 28 au 30 décembre.

DES AFFICHES SOIGNEUSEMENT CHOISIES
Le Boxing Day et les fêtes de fin d’année sont généralement des périodes riches en derbys ou en matches régionaux. L’avantage est double. Ces matches assurent généralement de fortes affluences et ils permettent de limiter les déplacements des équipes dans une période chargée et où la météo peut jouer des tours. Les affres de la programmation moderne font cependant que de très fortes divergences existent.
Cette année, Chelsea, qui reçoit deux fois sur les trois journées à venir, ne parcourra qu’une trentaine de kilomètres pour aller défier Arsenal, comme seul match « à l’extérieur » le 26, quand Liverpool aura 1.300 km aller/retour à gérer pour ses déplacements à Newcastle au nord le 30 décembre, puis Southampton au sud le 4 janvier.

DES MATCHES SPECTACULAIRE ET DÉCISIFS
Placée à une période où les tentations sont nombreuses hors du terrain et les organismes éprouvés, le Boxing Day réserve souvent des matches prolifiques. Les dix matches de la 24e journée programmés pour le Boxing Day de 1963 – époque où l’hygiène de vie des footballeurs restait discutable – avaient vu 66 buts, dont un 10-1 de Fulham face à Ipswich, un 8-2 de Blackburn à West Ham et une déroute de Manchester United à Burnley (6-1).
L’élite anglaise était alors à 22 clubs, mais Arsenal avait vu son match contre Birmingham City avancé au 5 novembre, pour une victoire, elle aussi pléthorique, 4 à 1. La succession rapide des matches fait aussi de la période du Boxing Day une véritable épreuve du feu pour les ambitions des clubs et on dit souvent que si on ne réussit pas sa saison grâce au Boxing Day, on peut tout à fait la gâcher.