Les soutiens à Edinson Cavani se multiplient au-delà de l’Uruguay. Après le syndicat des footballeurs et l’Académie des lettres, la Confédération sud-américaine de football (Conmebol) a pris également la défense de l’attaquant de United suspendu trois matches par la fédération anglaise (FA) pour son message jugé raciste. «La mesure disciplinaire prise à l’encontre du joueur (…) ne tient manifestement pas compte des caractéristiques culturelles et de l’utilisation de certains termes dans le discours quotidien de l’Uruguay», indique la Conmebol mardi dans un communiqué.
En réponse à un message de félicitations qui lui avait été adressé par un ami après son doublé décisif dans la victoire de Manchester United à Southampton (3-2) le 29 novembre, Cavani avait écrit «Gracias negrito» («merci petit noir»). Après avoir effacé le message, l’ex-buteur du PSG avait présenté ses excuses et les Red Devils l’avaient défendu en expliquant que le mot avait été utilisé avec une intention amicale, et qu’il était doté d’une connotation différente en Amérique du Sud.

UNE SANCTION INJUSTE
Mais pour la FA, ce commentaire publié sur le compte Instagram de l’attaquant de MU était «insultant, abusif, inapproprié» et constitue «une ‘infraction aggravée’ (…) car il incluait une référence, expresse ou implicite, à la couleur et/ou à la race et/ou à l’origine ethnique».
Toutefois, selon la Conmebol, «le jugement de ce type de déclarations dans le cadre d’un processus qui peut déboucher sur des sanctions pour l’athlète et qui affecte sa réputation, doit toujours être effectué en tenant compte du contexte dans lequel elles ont été faites et, surtout, des particularités culturelles de chaque joueur et de chaque pays». Si la Confédération sud-américaine condamne «avec la plus grande énergie toute manifestation raciste ou discriminatoire», elle estime que «le cas spécifique pour lequel Cavani a été sanctionné ne figure pas dans l’une d’entre elles».
Lundi, le syndicat des joueurs uruguayens de football (AFU) avait estimé que «la FA a commis un acte de discrimination contre la culture et le mode de vie des Uruguayens», jugeant sa sanction «raciste». L’Académie uruguayenne des lettres avait pris une position similaire, trois jours plus tôt, accusant la FA d’être «ignorante».