Le renforcement de l’application des mesures de prévention contre le nouveau coronavirus entrant dans le cadre du nouveau confinement partiel est en vigueur depuis hier, en vertu des décisions prises par le gouvernement dimanche dernier. L’enjeu de ce tour de vis et de la rigueur annoncée est de veiller au strict respect des mesures de prévention dans l’ensemble des lieux publics, notamment le port du masque et la distanciation physique.
Une virée dans la capitale nous a permis de constater que le respect des gestes barrières est quelque peu mitigé, en fonction des endroits et quartiers, et ce, alors que les sanctions sont prévues d’être rigoureusement appliquées après que les pouvoirs publics eurent quelque peu levé le pied les derniers temps. Mais c’était pendant que la pandémie connaissait une accalmie relative et avant qu’elle ne reprenne de plus belle pour mettre le pays carrément dans une deuxième vague.
La virée à Alger a permis de relever une réalité incontestable. Plus on s’éloigne du cœur de la capitale et plus les scènes de désolation deviennent plus visibles. On ne croirait pas que quelques kilomètres à peine séparent Alger-Centre de certains quartiers tellement la différence dans les comportements est frappante. Au niveau des grandes artères d’Alger-Centre, de la rue Didouche-Mourad jusqu’à la Place des Martyrs, en passant par la Place Maurice-Audin, la rue Abane-Ramdane, la rue de la Liberté, et en retournant par le contrebas par la rue Zirout-Youcef, les gens qui circulent semblent disciplinés et portent tous la bavette, quelques rares personnes seulement la portent sous le mention ou accrochée à une oreille, notamment des jeunes. Devant les magasins, les bureaux de Poste et les agences bancaires qui se trouvent dans les principales rues de la capitale, il n’y a pas grand monde et, dans l’ensemble, la distanciation physique est respectée. Des affiches portant les inscriptions interdiction d’entrer sans bavette ou encore Interdiction d’entre pour plus de deux», trois ou quatre personnes, en fonction de la superficie du magasin sont placardées à l’entrée. C’est la même chose devant les fastfoods et cafés qui travaillent en mode «à emporter».
Mais il suffit d’aller à deux ou trois kilomètres plus loin, du côté de la Place du 1er-Mai par exemple, pour voir que les scènes se transforment peu à peu et que la rigueur cède la place au relâchement. Devant le bureau de Poste de ce quartier, les gens qui attendent leur tour pour entrer ne semblent point se soucier de la distanciation physique, alors que la possibilité d’attraper le coronavirus dans ce genre de rassemblement n’est pas du tout à écarter. Ils sont agglutinés au vu et au su de tous et ne font même pas attention à l’agent qui est censé les rappeler à l’ordre et leur rappeler cette mesure obligatoire. Toutefois, aucune personne ne rentre dans le bureau de poste sans bavette.
Dans les bus privés notamment, ce n’est certainement pas des comportements exemplaires auxquels on assiste même s’il faut éviter de tomber dans la généralisation car il y en a qui respectent, à des degrés différents, le protocole sanitaire. Ce n’est certes par respecté de façon scrupuleuse, mais il n’y a aucune concession concernant le port du masque.
En revanche, aucun des bus ne réserve 50% de ses capacités en termes du nombre de voyageurs comme stipulé dans le protocole sanitaire. Les places assises sont toutes occupées ainsi qu’une bonne partie des places debout, ce qui est contraire à aux mesures en vigueur concernant le transport de voyageurs. C’est le cas dans les bus au quartier Vieux Kouba, à Ben Omar, à la Place du 1er-Mai, à la Place des Martyrs, à la grande station de Tafourah, Baraki, les Eucalyptus, Bordj El Bahri et autres. Pendant les heures de pointe, le taux de remplissage est bien plus important et parler de distanciation physique relève de la pure fiction, les gens étant tous pressés de rentrer chez eux quelles que soient les conditions, quitte à risquer de contracter le coronavirus.
Mais les scènes de désolations les plus affligeantes continuent à prédominer au niveau des marchés publics. Là, les gens ne se sentent presque pas concernés par la pandémie et le constat est qu’une bonne partie d’entre eux ne portent pas les masques et encore moins ne pensent pas à la distanciation physique. Ces marchés qui se trouvent notamment dans les banlieues de la capitale et peuvent être de vrais foyers de coronavirus ou, du moins, constituer des points de départ pour de futurs clusters.
Ainsi, exception faite d’Alger-Centre où tout semble aller convenablement en matière de respect des mesures de prévention, les banlieues restent dominées par des comportements déplorables. C’est la même chose dans les quartiers populaires où les jeunes, surtout, donnent l’impression de ne même pas savoir qu’il y a des mesures plus rigoureuses en vigueur et continuent de se rassembler sans bavette ni distanciation physique.
Hier n’était que le premier jour de reconfinement partiel et il devrait normalement y avoir un renforcement du contrôle et de l’inspection aussi bien des commerces que des autres activités accueillant le public afin de veiller à la bonne application des mesures préventives. L’heure est à la mobilisation de tous pour une bonne application gestes barrières cela d’autant que les cas confirmés de coronavirus ont atteint des niveaux fort inquiétants, avec un nouveau record de 753 cas lors des dernières vingt-quatre heures. n