Par Milina Kouaci
La grève observée hier dans les écoles, à l’appel du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapest), pour poser une nouvelle fois ses revendications socioprofessionnelles et pédagogiques, a été différemment suivie à travers les trois paliers. Cette adhésion disparate, nettement au-dessous de la moyenne dans certains cas, enclenchée dans une conjoncture de grogne sociale, ne devrait pas moins inciter l’état-major du Cnapest à un effort de compréhension notamment sur les raisons et motivations d’un débrayage en solo, alors que l’activisme syndical se dirigeait ces derniers temps vers des actions collectives et unitaires.
Des enseignants, qui ne se reconnaissent pas forcément dans la présente action du Cnapest, ne veulent pas conclure à l’échec de l’action suggérant d’observer ce qu’il en sera aujourd’hui pour pouvoir établir une évaluation exacte.
Le débrayage étalé sur deux jours n’a pas enregistré une forte adhésion des enseignants dans le cycle primaire, où le taux de suivi était de 5 à 30%, celui du cycle moyen oscille, quant à lui, entre 30% et 80%, alors qu’il a été de 50 % à 90% dans le secondaire, a fait savoir le porte-parole du Cnapest, Messaoud Boudiba. Ce dernier indique que les travailleurs ont exprimé hier leur attachement à leur plateforme de revendications avec une mobilisation massive qu’il estime à 70% sur le territoire national.
Le personnel de l’Education a exprimé son «mécontentement» vis-à-vis de l’attitude du ministère de tutelle qui n’a pas pris des engagements concrets pour régler les problèmes du secteur, poursuit M. Boudiba.
Le syndicat exige entre autres de la tutelle de régler le problème du logement, des œuvres sociales et de la médecine du travail. Il revendique également le droit à la retraite anticipée, la protection des libertés syndicales et la levée de toutes les restrictions, notamment les intimidations et le harcèlement dont sont victimes les syndicalistes du Cnapest. Les grévistes réclament une revalorisation des salaires au vu de l’érosion du pouvoir d’achat. Ce syndicat appelle aussi à la révision du volume horaire adopté depuis la propagation du coronavirus et qui épuisent les enseignants et les met sous pression.
Le syndicat exige de la tutelle de revoir le système de recrutement et d’employer les diplômés des Ecoles supérieures de l’enseignement enseignants ainsi que la révision du système de concours en adoptant un concours sur la base des diplômes, tout en prenant en considération l’ancienneté et les années d’expérience des enseignants contractuels.
Il revendique également la mise en place d’une stratégie de travail pour la réforme du système éducatif et des programmes scolaires ainsi que l’installation et l’organisation du Conseil national de l’éducation et de la formation et de l’Observatoire national de l’éducation et de la formation. Le Cnapest réclame par ailleurs d’élaborer une loi criminalisant les agressions contre le personnel du secteur.
Concernant le cycle primaire, le Cnapest appelle à dispenser les enseignants des missions extra-pédagogiques et de libérer les établissements du primaire de la gestion des communes.
Le Cnapest, selon son porte-parole, poursuivra aujourd’hui son mouvement de grève. Cette formation
syndicale devait tenir, hier, des
assemblées générales pour décider des actions à observer dans les
jours à venir, si leurs revendications restent en suspens, explique
M. Boudiba. n