Les épreuves du Baccalauréat, session 2020, ont débuté hier sur l’ensemble du territoire, sous le signe du protocole sanitaire imposé par la crise sanitaire de Covid-19. Appréhendé pour des raisons de santé publique et sur la préparation des candidats pour ces épreuves qui interviennent après plusieurs mois de rupture avec les habitudes scolaires, le premier jour de l’examen s’est passé globalement sans couacs, hormis la coupure du Net, qui a pénalisé plusieurs usagers.

Le coup de starter des épreuves du Baccalauréat pour l’année scolaire 2019-2020 a été donné, hier, par le Premier ministre Abdelaziz Djerad à partir d’Annaba, avec l’ouverture des plis contenant les copies de l’épreuve de langue arabe. A cette occasion, le Premier ministre a rappelé que les épreuves du Baccalauréat se déroulent cette année dans «une conjoncture sanitaire exceptionnelle marquée par la pandémie du nouveau coronavirus».
Il a également affiché son optimisme au bon déroulement de cette épreuve décisive pour des centaines de milliers de candidats, grâce à la campagne de sensibilisation auprès des candidats, mais aussi de leurs parents pour les aider à mieux se préparer pour ces épreuves. «L’Etat a mobilisé tous les moyens pour assurer la réussite de cet examen, dont l’opération d’organisation est suivie de près et avec une grande attention par le président de la République et le ministre de l’Education nationale», affirme à ce sujet le Premier ministre.
Lors de l’ouverture des plis, s’adressant aux candidats, Abdelaziz Djerad a souligné qu’«en dépit de ses répercussions, la pandémie du coronavirus nous incite à développer des réflexes pour nous protéger, préserver notre santé et celle des personnes qui nous entourent».
Tenant à mettre en exergue l’importance du rôle du corps enseignant dans la construction d’une nation, il a également déclaré aux professeurs présents au centre d’examen d’Annaba qu’«il faut être fier du métier que vous exercez. Le professeur forme les générations futures et les bons professeurs contribuent à l’édification d’une société éclairée».

Six millions de masques distribués aux candidats
Concernant l’aspect sanitaire, afin de protéger la santé des candidats et des encadreurs mais, également, pour éviter la propagation de la pandémie du coronavirus, le ministre de l’Education nationale Mohamed Ouadjaout, accompagnant le Premier ministre à Annaba, a déclaré à la presse que «des protocoles sanitaires seront appliqués tout au long de la durée de l’examen». Il a ainsi rappelé que le secteur de l’éducation avait élaboré quatre protocoles sanitaires approuvés par le ministère de la Santé. En l’occurrence, l’obligation du port du masque pour les candidats et pour les encadreurs. Dans les salles d’examen, l’application des mesures de distanciation physique. La prise de température pour chaque candidat avant l’entrée en salle et la mise en place d’une salle d’isolement dans chaque centre d’examen dans le cas de détection d’un cas suspect. Un médecin a été désigné dans chaque salle d’isolement pour prendre les éventuels cas et se prononcer sur la conduite à adopter.
Concernant les moyens mis en place conformément à cette série de protocoles, le ministre de l’Education a annoncé que plus de six millions de masques sanitaires sont prévus pour la protection des candidats et des équipes d’encadrement et de surveillance, ainsi que des quantités importantes de solutions hydro-alcooliques.
Afin de rassurer les candidats et leurs parents, Mohamed Ouadjaout a réaffirmé, hier, que les sujets de l’examen du baccalauréat de cette année ont été limités aux cours dispensés durant les 1er et 2e trimestres de l’année scolaire 2019-2020. Il a également rappelé les différentes mesures prises par le ministère depuis avril dernier pour accompagner les élèves sur le plan pédagogique, dont la réouverture des établissements scolaires depuis le 25 août dernier pour proposer des cours de soutien et une aide psychologique aux candidats. Il est à noter que le Conseil des ministres, réuni le 10 mai dernier sous la présidence du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait décidé du report au mois de septembre, de l’examen du Baccalauréat en raison de la situation sanitaire prévalant dans le pays.

Sanction pénale pour les fraudeurs
Par ailleurs, le ministre de l’Education a rappelé qu’en plus des mesures sanitaires exceptionnelles pour cette année, de nouvelles sanctions pénales ont été introduites dans le code pénal contre les fraudeurs, alors que par le passé, l’acte de fraude aux examens était sanctionné par des peines administratives. Ainsi, dès cette année dans le cadre de la lutte contre la fraude durant les examens du BEM et du Bac, les personnes incriminées seront passibles de peines de prison et de lourdes amendes financières.
Le Web cadenassé
Dans le même esprit de lutte contre la fraude, le ministère des Postes et Télécommunications a bloqué les plateformes des réseaux sociaux dès le lancement des épreuves du baccalauréat. A l’instar de ce qui se pratique depuis cinq années, plus précisément, depuis le scandale de la session de juin 2016, de la fuite massive des sujets du bac à travers les réseaux sociaux. Suite à cette mesure radicale, appliquée durant toute la journée d’hier, les Algériens avait du mal à accéder à leur compte facebook, twitter, snapchat et autres plateformes. Le fournisseur d’accès Internet d’Algérie Télécom, et ceux liés des autres réseaux de téléphonie mobile, ont été sommés de bloquer les réseaux sociaux durant les heures d’examen. Ce qui a causé hier moults désagréments.
La Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a mobilisé 15 379 policiers à travers tout le territoire national pour la sécurisation de l’examen du Baccalauréat prévu du 13 au 17 septembre en cours. Le plan mis en place par la DGSN prévoit la sécurisation de 2 147 centres d’examen répartis au niveau national, des centres d’impression, de collecte et de correction, outre l’accompagnement de l’ensemble des mesures préventives adoptées par le ministère de l’Education nationale pour la réussite de cet examen, sur fond de conjoncture sanitaire exceptionnelle due à la propagation du nouveau coronavirus. Il est à noter qu’à l’échelle nationale, le nombre de candidats aux épreuves du Baccalauréat est de plus de 637 000 entre scolarisés et libres, pour cette session septembre 2020, qui s’étalera sur cinq jours.
Au final, après deux mois de report, le Bac 2020 a débuté dans la matinée avec l’épreuve de langue arabe dans une ambiance sereine. La satisfaction était ainsi affichée sur les visages des candidats à la sortie de cette première épreuve de cette session inédite. Selon différentes images relayées par les médias des différents centres d’examen , que cela soit à Alger, Blida, Constantine, Oran ou El Oued, les lycéens ont exprimé leur optimisme suite à cette première épreuve qui avait confirmé l’encagement du ministère de l’Education nationale que les sujets seront limités aux cours dispensés durant les deux premiers trimestres. Pour rappel, les sujets des épreuves ont été limités aux cours dispensés en présentiel durant les 1er et 2e trimestres de l’année scolaire 2019-2020.
Le taux de réussite à l’examen du baccalauréat session 2019 s’était établi à 54,56%.