Algériens et Britanniques ont échangé, hier, connaissances et expertise sur la sécurité de l’information, dans le cadre d’un forum organisé par le Conseil d’affaires algéro-britannique.

L’objectif de la rencontre est de sensibiliser et informer les institutions publiques ainsi que la sphère économique sur les défis de la protection des données, sous le prisme de la méthodologie et des technologies britanniques.
Le représentant du ministère britannique de la Défense, le colonel Karl Davis, a fait savoir, qu’en Angleterre, «c’est le ministère de la Défense qui assure la coordination de la sécurité informatique, aux côtés de groupes de travail interministériels». «Cette collaboration a donné lieu à un plan de travail incluant la période 2016- 2021, ainsi qu’à des plans de contrattaques afin de protéger nos systèmes d’information». Il a indiqué que les menaces informatiques «sont réelles et, dans 90% des cas, elles sont préméditées, touchant les données d’activités névralgiques pour le pays». Il expliquera que le rôle du National Cyber Security Centre (NCSC), mis en place par le gouvernement britannique en 2016, est également de sensibiliser à l’importance de la cyber-résilience, qui permet, à la fois, à une entreprise de faire de la prévention et de reprendre une activité normalement suite à une attaque notamment. «La stratégie du gouvernement est de déverrouiller les barrières établies entre l’administration et l’entreprise privée», ajoutant que «plus nous informons sur les tactiques de piratage et les stratégies de défense actuelles, mieux la prévention, et éventuellement la riposte, seront efficaces». Pour sa part, l’ambassadeur britannique en Algérie, Barry Lowen, a indiqué que le gouvernement de son pays «a mis tous les moyens matériels et financiers pour la protection des données». En Algérie, ce sont surtout les banques qui sont en première ligne d’éventuelles attaques cybernétiques. Pour Alilouche Samir, responsable de la sécurité des systèmes d’information chez Arabe Leasing Corportaion, «20 banques en Algérie travaillent dans le commerce extérieur, d’où l’importance de protéger les données informatiques de ces institutions pour que personne ne puisse nuire à l’économie nationale».
L’ancien ministre des Finances, M. Benkhalfa, connaisseur en la matière, estime que «nous avons un chantier pour demain mais nous n’avons pas une taille critique pour faire de grands investissements en matière de sécurité informatique», car «nos administrations et entreprises travaillent avec un niveau de numérisation important pour leur management mais échangent peu à travers la Toile».  Il n’en demeure pas moins que les Britanniques, à travers Bulding Business Bridges Algeria, souhaiteraient pouvoir aboutir à la signature d’accords entre les entreprises algériennes et britanniques dans le domaine de la formation, et acteurs d’échanges de savoir-faire technologique, d’octroi de licences et de mise en œuvre d’initiatives concrètes visant à renforcer les relations économiques bilatérales.