Dans le cadre du Premier Festival du film ibéro-américain, organisé par l’ambassade d’Espagne en Algérie et l’Institut Cervantès d’Alger, les cinéphiles sont conviés à assister, demain jeudi 20 février à 18H, à la projection du film chilien « La Frontera » (La Frontière) de Ricardo Larrain (sous-titré en français) sorti en 1991, qui a remporté différents prix dans les festivals internationaux, dont le prestigieux Ours d’argent à Berlin. Ce premier long-métrage du réalisateur chilien Ricardo Larrain se déroule pendant les dernières années du régime dictatorial de Pinochet. Ramiro Orellana, un professeur, victime de l’arbitraire, est exilé au sud du pays, au «bout du monde», dans la zone de la «Frontière» qui dessine la limite historique entre les Indiens Mapuches et la colonisation espagnole, souligne-t-on dan le synopsis du film. Dans cette région mythique, où est né Pablo Neruda, «cet univers désolé et isolé où le temps semble ne pas avoir de prise », Ramiro va découvrir et repousser plus loin ses propres frontières intérieures. Ce film sur la souffrance «oscille pourtant, paradoxalement, entre la douleur et la gaîté», de l’avis de son réalisateur. «La Frontière», qui a connu un succès phénoménal dans son pays, pratique en effet un «humour à double fond», propre au caractère chilien.
Le spécialiste de cinéma Alain Mallassinet avait souligné à propos du film de Ricardo Larrain qu’«au-delà de ses indéniables qualités cinématographiques, un sens de l’image discrètement poétique, des cadrages assez recherchés, l’élégance de ses lents mouvements d’appareil, «La Frontière » est probablement un film-étape, un film par lequel une nation, au sortir de longues années de ténèbres, réfléchit sur son passé, l’assume et va de l’avant.» Pour rappel, à l’occasion de cette première édition de ce cycle cinématographique, il est prévu la projection d’un film ibéro-américain, à l’Institut Cervantes tous les jeudis à 18H, jusqu’au 2 avril prochain. Le Festival a débuté le 6 février dernier  avec le film  argentin « Je suis ainsi » de Sonia Hernandez Dolz. Sorti en 2000. Il s’est poursuivi, jeudi dernier,  avec le film brésilien  « Terre lointaine »  de Walter Salles et Daniela Thomas. 
Jeudi prochain, c’est le cinéma colombien qui sera à l’honneur avec la projection du film documentaire « Le silence des fusils » sorti en 2017 de Nathalia Orozco. Le documentaire, qui a nécessité quatre ans de travail, aborde les différents aspects des négociations entre le gouvernement et les groupes armés, les FARC, pour un traité de paix après cinquante ans d’un conflit qui a mis la Colombie à feu et à sang. Le Festival ibéro-américain se poursuivra au mois de mars prochain avec la projection du film cubain « Parfum de chêne » de Rigoberto Pego le 5 mars prochain, le film mexicain « Le rêve de Maraé » de Frederico Cecchetti, le 12 mars prochain, le film péruvien «Traverser l’ombre» du réalisateur Augusto Tamayo, le 19 mars prochain, le film portugais  « Snu » de Patricia Sequeira, le 26 mars prochain. Ce cycle de projections, consacré à la production cinématographique ibéro-américaine, se clôturera le 2 avril prochain, avec la projection du film vénézuélien « El Libertador », réalisé par Alberto Arvelo.