Le compte à rebours pour le retour aux lieux de culte et aux plages de la République a été enclenché. La pratique religieuse dans les mosquées et le farniente sur le sable des plages seront de retour dès ce lundi. Une joie immense a caractérisé la décision de remettre à la disposition de la population les mosquées et les rivages sablés et ensoleillés. Cette décision intervient, il faut le souligner, après une première phase de déconfinement qui a abouti, selon les spécialistes, à une multiplication du nombre de contaminés, essentiellement après le retour au boulot pour certains et la réapparition des transports publics. Une pression économique et sociale, notamment pour les petits métiers, s’est faite ressentir, et c’est ainsi que coiffeurs et vendeurs de vêtements, entre autres, sont aussi de retour.
Le gouvernement Djerad, conscient qu’il fallait encore libérer d’autres soupapes, a convenu, après moult avis de professionnels de plusieurs secteurs, de rouvrir les portes des mosquées et les chemins vers les plages. Un geste hautement symbolique qui intervient avec une échoppe de conditions sine qua none pour poser le pied dans une maison de Dieu ou son parasol face à la mer. Les conditions ont été adressées à qui de droit et il appartient maintenant à la population de s’y conformer, les gardiens des lieux ne pouvant être derrière chaque pratiquant religieux ou nageur du dimanche. Le professeur Berkani-Bekkat qui a qualifié hier la situation sanitaire de « franchement, ce n’est pas une tragédie » semble aussi être sur la même longueur d’onde que les décideurs à El Mouradia ou au palais du Dr Saâdane. Les choses sont elles en train de s’améliorer ? Y a-t-il une décrue des cas de contaminations qui ne dit pas son nom ? Nous serions portés de répondre par l’affirmative, mais les rebonds du Covid-19, depuis son apparition, ne cessent de jouer au yoyo et avec nos… nerfs. Les retombées des regroupements de l’Aid El Kébir n’ont pas encore livré tous leurs chiffres, et les parties de football, les fêtes, les enterrements et les jeux de dames en plein air ne sont nullement en phase de décrue.
Il appartient donc à la population d’être à la hauteur de la confiance placée en elle par son président et son Premier ministre. Il lui appartiendra de respecter tout simplement les mesures de distanciation et le port du masque. Deux gestes simples, banaux, mais qui permettront à notre corps médical en plein burn-out et à notre économie de recouvrer une santé. Et à cette même population, par la même occasion, de ne pas perdre la sienne.