C’était quasiment inévitable. L’Algérie est en train de connaître un rebond des contaminations au Covid-19. Et la hausse continue des cas confirmés ces derniers jours a fini par faire une victime.

En effet, une personne est décédée vendredi dernier après en avoir été infectée, alors que cela fait plusieurs mois, depuis avril dernier, que l’Algérie n’a pas enregistré de morts atteints par le nouveau coronavirus. L’épidémie de Covid-19 est en train de reprendre du terrain depuis le début du mois et c’est presque inévitable de ne pas enregistrer de décès quand les cas augmentent. Lorsque les contaminations deviennent plus nombreuses, cela implique généralement plus d’hospitalisations, plus de cas graves, donc plus de malades en soins intensifs, d’où l’enregistrement des décès est une probabilité qui ne peut être écartée.
Depuis le rebond qui se fait de plus en plus sentir dans le pays, le plus grand nombre de contaminations a été enregistré hier, dépassant le seuil de 70 cas. «L’Algérie a enregistré 72 cas confirmés durant les dernières 24 heures», a indiqué le ministère de la Santé dans son bilan quotidien, tout en alertant que ce «bilan est le plus élevé enregistré dans le pays depuis le 1er mars dernier (74 cas)». Le nombre de malades en soins intensifs augmente doucement mais sûrement lui aussi. Hier, ils étaient trois patients à être hospitalisés dans ces services.
Il devient de plus en plus évident que la tendance haussière s’est installée. Les spécialistes n’ont pas cessé, depuis le début de la hausse des cas au début du mois, d’alerter que la vigilance doit rester de mise, surtout que la période actuelle est propice à la transmission du virus, avec des déplacements de personnes en masse aussi bien vers l’intérieur du pays que vers l’extérieur. Les Algériens venant de l’étranger en cette période de vacances sont également nombreux. Le sous-variant BA.5, actuellement en activité, a détrôné ses prédécesseurs en matière de contagiosité et a inversé la tendance après la période d’accalmie. C’est ce qui s’est vérifié dans d’autres pays du monde avant qu’il n’arrive en Algérie, mais avec une vitesse plus rapide cette fois-ci. La vague BA.5 est vite arrivée, alors qu’en général, une nouvelle vague qui se déclare en Europe met environ deux à trois mois pour arriver chez nous.
L’Institut Pasteur Algérie a déclaré, à ce propos, que le BA.5 présente «un taux de transmission plus élevé que ses prédécesseurs». Il n’a pas écarté de voir «une hausse des cas dans les prochains jours», a-t-il averti dans un communiqué rendu public dimanche 17 juillet. Il a, par ailleurs, indiqué que les signes cliniques les plus fréquents évoqués en cas d’infection par ce sous-variant sont «la fatigue, la toux, la fièvre et les maux de gorge et de tête avec une durée des symptômes plus longue, qui peuvent mettre de 7 jusqu’à 10 jours pour disparaître».
Ainsi, avec le sous-variant BA.5, la situation d’accalmie pourrait rapidement basculer. Le BA.5 est un sous-variant issu de «mutations du variant Omicron qui semble évoluer plus par un mécanisme d’échappement immunitaire», selon l’IPA, qui a rappelé la nécessité de rester vigilant, en insistant sur le retour aux mesures de prévention et à la vaccination, notamment pour les personnes âgées et celles atteintes de maladies chroniques.
Depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19 en Algérie en 2020, le pays a enregistré un total de 6.876 cas de décès, 266.772 cas confirmés et 178.987 guérisons. Avec le nouveau rebond en raison de la forte propagation du BA.5, il est certain que cette pandémie est encore loin d’être finie, comme l’ont affirmé les spécialistes à plusieurs reprises.