Ce qui se passe actuellement en Algérie avec les conséquences de la grave crise sanitaire, engendrée par la Covid-19, nécessite avant tout une révolution à tous les niveaux. Non pas celle demandée, et voulue, par ceux qui, en tapotant sur un clavier, tapent sur tout le monde. Ni celle d’un système judiciaire qui fait souvent l’amalgame entre la justice et son contraire. Il est venu le temps (parce qu’il n’est jamais trop tard) de réaliser une mutation multifonctionnelle. Le XXIe siècle exige une adaptation, et cette dernière ne peut plus s’accommoder de réflexions que le temps a banni à jamais.
D’où l’importance d’utiliser des concepts nouveaux, même s’il faut que ses utilisateurs soient d’une autre «époque». Devant le grand nombre de décès enregistrés quotidiennement, ces derniers temps, suite à la propagation de la pandémie, la guerre des égos n’est plus admissible. Chacun doit prendre ses responsabilités et mettre en évidence la priorité des priorités, celle de sortir le pays de la grave impasse actuelle.
Manque d’oxygène, hôpitaux saturés, taux de vaccination encore très faible, le tout «auréolé» par une autre crise, et pas des moindres, celle du manque d’eau. Une ambiance électrique que tout le monde ressent et qui risque (il ne faut pas le nier) de dégénérer.
Là, entre en lice l’importance de souder toutes les forces existantes pour sortir indemne de cette troisième vague de la pandémie et de celles -qu’il faut préparer dès maintenant, pour ne pas refaire les mêmes erreurs enregistrées depuis le début de 2020- qui vont suivre.
Le manque de concentrateurs d’oxygène a accouché d’une situation quasiment kafkaïenne. D’un côté, le gouvernement et ses représentants, et de l’autre, une société civile levant la bannière de la solidarité. Chaque «camp» donne l’impression, jusqu’à maintenant, de «naviguer» seul, ce qui est loin d’être une bonne solution.
Le constat est clair, il y a un gros, très gros problème de coordination, que cela soit entre les institutions de l’Etat elles-mêmes, ou entre les autorités et les citoyens. C’est ici qu’entre en jeu la communication, qui, il faut le mentionner et le rappeler, n’est pas un luxe «venu d’ailleurs».
Les tenants du pouvoir n’ont pas d’autres choix que de trouver le meilleur moyen de se rapprocher des citoyens et les mettre en confiance. Au-delà des divergences politiques, idéologiques ou autres, il faut faire place à une union, ni populiste ni démagogique, mais réelle et concrète. Jusqu’à maintenant, le «dialogue» était loin d’être une réussite et la grogne chez les citoyens en est la meilleure preuve. D’où la nécessité de changer de méthodes. Le langage utilisé à ce jour, et transmis à la population, a toujours été perçu (à tort ou à raison) comme une arrogance inacceptable. Le transformer est indispensable. Les solutions sont nombreuses, il suffit juste de faire le pas. Il est indispensable de transmettre avant tout un sens, et ne pas se contenter des sons, souvent inaudibles.

  • «Premier contact» (Arrival), titre d’un film américain (catalogué science-fiction) sorti en 2016, et dans lequel une experte en linguistique est recrutée par l’armée pour établir le contact (en apprenant à «courber le temps») avec des extra-terrestres.