Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a souligné hier sa satisfaction du bilan des greffes de rein et de cellules souches.

Par Sihem Bounabi
«Je salue les efforts des professionnels de la santé spécialisée dans la transplantation d’organes et les résultats obtenus au niveau national. Il y a eu 223 greffes de rein réussies et 334 greffes de cellules souches enregistrées au cours de l’année 2021 malgré la suspension des activités médico-chirurgicales due aux vagues de la pandémie de Covid -19», a-t-il déclaré lors de son intervention à l’ouverture de la 4e Journée d’évaluation de transplantation d’organes, de tissus et de cellules souches hématopoïétiques, organisée par l’Agence nationale des greffes (ANG). Il a également rappelé que «la plupart des équipes médicales travaillant dans le domaine de la transplantation d’organes, de tissus et de cellules souches ont démarré leurs activités et ont pu, en peu de temps, obtenir des résultats comparables à ceux obtenus avant le début de la pandémie sous la supervision de l’Agence nationale de transplantation d’organes».
Le ministère de la Santé a également souligné que parmi les efforts déployés actuellement par l’Agence nationale de transplantation d’organes est «d’œuvrer actuellement à la relance effective de résurrection des greffes d’un donneur en état de mort cérébrale» en impliquant tous les départements et secteurs qui peuvent sensibiliser les citoyens à l’importance de ces dons d’organes qui peuvent sauver des vie, notamment en sollicitant la presses et les médias, les structures de santé de proximité et le ministère des Affaires religieuses qu’«il considère comme un partenaire important dans ce projet de santé publique. Il a également annoncé qu’une campagne de sensibilisation est menée auprès des professionnels du secteur de la santé et plus précisément les pionniers de la réanimation et des anesthésistes, pierre angulaire de l’opération pour la relance des opérations de don d’organes en état de mort cérébrale.
Dans la même optique de moderniser les opérations de dons d’organes en Algérie, l’Agence nationale de la transplantation d’organes est en train d’œuvrer actuellement pour concrétiser la démarche d’intégration de la numérisation dans sa pratique quotidienne à travers la création de la Liste nationale numérique des besoins et de la disponibilité en termes de dons d’organes.
Abderrahmane Benbouzid a aussi souligné l’importance accordée par l’Etat à la recherche scientifique dans ce domaine et qui s’est concrétisée notamment sur le terrain avec la création du laboratoire de recherche pour le prélèvement et la transplantation d’organes.

Du nouveau en vue
Par ailleurs, abordant la législation algérienne relative aux dons d’organes, le ministre de la Santé a rappelé que dans la loi sur la santé 85, les organes sont transplantés en fonction de ceux inscrits au registre des donneurs d’organes en «signant sur un registre national qui donne le droit aux parties compétentes de disposer de leurs organes, au besoin».
Il rappelle également que selon la loi de la santé 2018, les personnes inscrites au registre d’abstention de don d’organes peuvent refuser de greffer leurs organes après leur décès. Le registre d’abstention de don d’organes permet ainsi de faciliter le processus d’identification clinique des donneurs décédés. En soulignant que «le prélèvement d’organes ou de cellules humaines sur les personnes décédées à des fins de transplantation ne peut avoir lieu qu’après l’examen médical et juridique de défunt».
Le ministre de la Santé a également annoncé que plusieurs textes de loi, portant sur l’organisation de l’activité de la greffe d’organes, en particulier le prélèvement d’organes sur mort encéphalique, «sont en cours d’étude au niveau du Secrétariat général du Gouvernement et qu’ils seront soumis prochainement au Conseil du gouvernement pour approbation». Il s’agit notamment de permettre aux proches et à la famille de ceux qui ne sont pas inscrits au registre des donneurs d’organes, à l’instar des parents, de l’épouse ou des enfants, d’être consultés pour donner leur approbation pour le don d’organe de leurs proches décédés ou en état de mort cérébrale.
Abderrahmane Benbouzid a tenu à insister sur l’importance des dons d’organes en soulignant qu’«il faut que les Algériens prennent conscience que le but de la transplantation d’organes est de sauver la vie d’autres personnes, dont celles qui souffrent d’insuffisance rénale et dont le quotidien pénible est marqué par les séances de dialyse alors qu’un don de rein pourrait leur permettre de reprendre une vie normale».
De son côté, le Directeur général de l’ANG, le Pr. Hocine Chaouche, a également souligné l’importance des dons d’organes pour les insuffisants rénaux en soulignant que malgré l’absence de chiffres officiels précis, «il y a en moyenne annuellement 600 malades insuffisants rénaux qui ont un besoin urgent d’un don d’organe». Il a également conforté la politique du ministère de la Santé dans la relance des dons d’organes à partir de la mort encéphalique en affirmant que «l’investissement le plus intelligent à faire consiste en l’investissement de la greffe à partir de la mort encéphalique».
Concernant la mise en place d’un registre numérique des malades qui ont besoin d’une greffe rénale, il estime que cela permettra de savoir le nombre de personnes en besoin d’être greffées.
Le Pr. Hocine Chaouche a également annoncé que «la greffe de la cornée à partir de donneur décédé va démarrer incessamment au CHU Mustapha-Pacha»
Pour rappel, au mois d’avril passé face au manque de donneurs d’organes en Algérie, notamment pour des convictions religieuses, le Haut-conseil islamique (HCI) a lancé un appel aux Algériens de faire don de leurs organes suite à leur décès, affirmant que c’est un geste licite et même un devoir, afin «de sauver la vie des gens dans des moments critiques». n