Le Rassemblement national démocratique (RND) a confirmé, samedi, qu’il n’a pas été destinataire d’une invitation à une rencontre de concertation avec l’Instance nationale de médiation et de dialogue.

Le parti n’exprime cependant pas une désapprobation de cette exclusion, qui frappe aussi les autres partis de l’ex-alliance présidentielle, annoncée précédemment par le coordonnateur du panel et saluée par de nombreuses formations politiques, à l’exception de quelques-unes qui défendent l’option de dialogue «inclusif », à l’image d’El-Islah et du Front El-Moustakbal. « Le RND n’a reçu aucune invitation de la part de l’Instance conduite par Karim Younès », a affirmé Azzedine Mihoubi, secrétaire général par intérim, qui a réuni au siège national du parti les secrétaires de wilaya, tout en relevant que son parti «a emprunté la voie du dialogue avant même la formation de l’Instance nationale de dialogue et de médiation». Il a indiqué, par la même occasion, que sa direction et ses militants « s’engagent à respecter les résultats du dialogue s’ils y voient un moyen de servir le processus constitutionnel à même d’aboutir à une présidentielle, et œuvreront à en appliquer les recommandations ». Cela ne l’empêche pas, cependant, de plaider « l’importance de tenir une réunion à laquelle prendront part tous les Algériens sans exclusive, pour sortir de la crise et s’orienter vers une présidentielle dans les plus brefs délais, en vue de permettre au peuple d’élire un président qui s’engagera à mener des réformes profondes». Concernant le dialogue inclusif et l’élection présidentielle, deux étapes importantes dans la quête d’une solution à la crise que traverse le pays, l’ancien ministre de la Culture a défendu l’idée selon laquelle il « n’existerait pas d’alternative au dialogue inclusif pour la sortie de crise et la convocation d’une élection présidentielle». C’est la raison pour laquelle, il a appelé les responsables de sa formation politique à travers l’ensemble du territoire national à « sensibiliser les citoyens sur l’importance de la prochaine échéance électorale». Se mettant dès lors dans le bain électoral, le successeur d’Ahmed Ouyahia à la tête du parti a évoqué l’instance de surveillance des élections que réclament les partis politiques favorables à la tenue de la joute présidentielle.
«L’instance devant superviser la prochaine élection doit regrouper des représentants de la société civile, du secteur de la Justice et des départements ministériels, en relation avec le processus électoral, ainsi que les partis politiques, si l’instance de dialogue et de médiation juge leur participation nécessaire », a-t-il recommandé. Sur la composante humaine de cette instance, Mihoubi a jugé qu’elle « devrait regrouper des magistrats désignés par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), en leur permettant d’accomplir leurs missions, loin de toute pression, et le président de l’instance doit être choisi par ses membres ». Toujours au sujet de cette instance, le premier responsable du RND a plaidé pour qu’elle bénéficie de larges prérogatives dans la supervision du processus électoral, à commencer par le fichier électoral jusqu’à la proclamation des résultats définitifs. Le responsable du RND emboîte le pas, sur ce point, au président de Talaie El Hourriyet, Ali Benflis, qui est allé jusqu’à suggérer l’extinction des missions du Conseil constitutionnel qui devraient être confiées à ladite instance.n