Pour 2021, il est presque indécent de lier le mot «fête» à la date du 1er mai. La réalité vécue, sentie et constatée de par quasiment toutes les régions du monde est là pour confirmer cette «sentence». L’heure n’est pas à la joie, bien au contraire. L’Algérie n’est évidemment pas épargnée par cette ambiance sinistre, dont les conséquences sont de plus en plus dures à supporter pour les citoyens.
A la crise économique engendrée par la chute des prix du pétrole, et qui perdure depuis 7 ans, est venue s’ajouter une autre, plus grave, meurtrière, celle de la pandémie. Tout le monde est en train d’en subir les contrecoups et plus le temps passe, plus le ciel s’assombrit. Combien de travailleurs ont perdu leurs emplois depuis une année ? Le nombre de 500 000 a été annoncé. Combien de travailleurs ont vu leurs salaires drastiquement diminuer depuis le début de la pandémie ? Le chiffre est à mesurer avec six zéros. Combien de familles peuvent s’estimer «à l’aise» durant ce mois de ramadan devant l’insupportable cherté de la vie ? Elles sont très peu nombreuses malheureusement.
Des questions simples avec des réponses alarmantes, et le tout annonciateur d’un avenir morose. La situation est telle que le plus important pour les familles, c’est de se contenter de sauvegarder le peu d’acquis qu’elles ont. A tel point que de nombreux salariés sont obligés d’accepter des pressions énormes de leurs «chefs» juste pour assurer à la fin du mois leurs salaires de misère.
Cette atmosphère suffocante subie par monsieur tout le monde est «disponible» dans quasiment tous les secteurs, et ce qui est encore plus dur à supporter, pour les travailleurs, c’est de se sentir abandonnés. Ni syndicats ni partis politiques ne donnent de l’importance à tous ces maux endurés par les citoyens. Ces derniers ne sont pas défendus, alors que ceux qui parlent en leurs noms sont nombreux.
L’Algérien se retrouve, malgré lui, englué dans des crises multidimensionnelles face auxquelles il n’arrive toujours pas à trouver des solutions. Ce 1er mai est finalement une journée de précarité de plus.