Face à la recrudescence du nombre de contaminations à la Covid-19, le Pr Riad Mahyaoui, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus en Algérie et chef de service réanimation au CNMS, a réitéré encore une fois la nécessité pour tous les citoyens algériens du respect des gestes barrières et, en priorité, le port du masque, en affirmant, qu’aujourd’hui, «les moyens de protection sont indispensables et obligatoires».
Invité hier de l’émission matinale de la Chaîne I sur les ondes de la Radio nationale, le Pr Riad Mahyaoui a expliqué qu’avec la publication récente d’une étude démontrant que le virus circule dans l’air, il devient crucial de porter correctement le masque dans les lieux publics, dans les commerces, les lieux de travail et les espaces fermés surtout s’ils sont climatisés.
Il estime à ce sujet que, sans tomber dans la panique ni dans l’alarmisme, la situation actuelle exige une application stricte et rigoureuse des gestes barrières, en l’occurrence, le port du masque, le lavage et la désinfection des mains et la distanciation physique en évitant les regroupements. Il déclare à ce sujet, qu’aujourd’hui, «la balle est dans le camp du citoyen, l’Etat algérien a mis tous les moyens pour faire face à cette pandémie, il s’agit de prendre conscience qu’il est vital de fédérer tous les efforts tant au niveau individuel que collectif pour juguler la propagation du virus».
Il salue dans cet esprit, les nouvelles directives des plus hautes autorités pour intensifier le travail de sensibilisation de proximité, notamment avec une plus grande implication des walis dans le cadre de cette lutte, notamment en faisant appel aux associations et aux comités de quartiers. Dans le même esprit de sensibilisation, avec l’approche de l’Aïd El Adha, l’intervenant sur les ondes de la Radio nationale appelle les commerçants à s’impliquer dans la lutte contre la propagation de la Covid-19. En plus du respect strict des mesures barrières dans les magasins et les espaces commerciaux, il s’agit d’œuvrer à sensibiliser les clients sur la nécessité vitale de respecter les gestes basiques de prévention.
Le Pr Riad Mahyaoui confie que dans le cadre de la crise sanitaire que traverse l’Algérie, il s’agit avant tout d’une prise de conscience du citoyen algérien qui doit se dire que «j’applique la loi car je suis conscient que c’est pour me protéger et protéger les autres et pas seulement par peur des sanctions».
Tous les moyens mobilisés face à la recrudescence des cas
Concernant le vent de panique relayé sur les réseaux sociaux sur le manque de moyens des structures sanitaires face à la forte affluence des malades de la Covid-19 et le risque de saturation des hôpitaux, surtout des unités de réanimation, le chef de service réanimation au CNMS affirme que les capacités de lits existent, «c’est juste une question de coordination et d’organisations». Ajoutant que le ministre de la Santé est sur le front pour assurer que tous les malades puissent disposer d’un lit si leur cas nécessite une hospitalisation.
Le Pr Riad Mahyaoui affirme ainsi, «certes, il y a une recrudescence des cas, mais le plus important aujourd’hui et que les autorités algériennes ont mobilisé tous les moyens pour faire face à la situation et que les moyens tant en nombre de lits, de moyens de protection du corps médical et d’oxygène sont disponibles».
Il a également mis en exergue que face à l’épuisement psychologique et physique du personnel de la santé, qui continue à accomplir leur devoir, le ministère de la Santé s’est engagé à répondre à toutes leurs préoccupations. Notamment en faisant appel à un personnel hors des services dédiés à la Covid pour les soulager et combler le déficit du personnel médical. Concernant le manque de matériel de protection pour les médecins, les paramédicaux et les agents de santé, l’intervenant affirme qu’il s‘agit d’une question de gestion interne des structures car les moyens existent. Il précise que le manque de surblouses et de camisoles a été comblé avec l’implication d’un producteur algérien qui a produit par millier et qui sont déjà distribuées au niveau des structures hospitalières. Il annonce également que les masques FFP2 seront incessamment produits en Algérie. A propos des rumeurs du manque d’oxygène, il assure qu’il ne peut y avoir de manque puisque l’oxygène est produit en Algérie, soulignant qu’«il s’agit d’anticiper dans l’apprivoisement des hôpitaux en oxygène et d’intensifier la distribution avec une utilisation rationnelle de la part des structures hospitalière.»
Le membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus en Algérie, conclut son intervention sur la Chaîne 1 en déclarant : «Aujourd’hui, il faut que l’on écoute les gens qui donnent des solutions. C’est le temps de la solidarité. Il faut mettre de côté toutes les différences, qu’elles soient politiques, sociales ou régionales pour unir nos forces afin d’agir efficacement et sauver le plus grand nombre de vies possible.» n