La question de l’érosion du pouvoir d’achat revenait comme une prière tout au long du débat à l’Assemblée autour du plan d’action du gouvernement, présenté lundi par le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane.

Par Hakim Ould Mohamed
Bien que la question de l’amélioration du pouvoir d’achat du citoyen constitue un axe central dudit plan d’action, la réforme du dispositif des subventions, annoncée par l’Exécutif, relance de plus belle le débat autour de la couverture sociale au profit des ménages défavorisés. Les députés ont notamment souligné l’importance de revoir les prix de certains produits de première nécessité, en nette hausse ces derniers temps, qui menacent le pouvoir d’achat du simple citoyen, et ce, à travers le déploiement des mécanismes de contrôle et l’octroi d’aides aux plus nécessiteux. Le député Safa Hicham du Rassemblement national démocratique (RND) a affirmé que la baisse du pouvoir d’achat des citoyens était due à la politique de «pillage des richesses et aux faux programmes de développement», en sus de «l’octroi d’aides au non méritants en l’absence de contrôle», préconisant d’améliorer le pouvoir d’achat du simple citoyen et d’octroyer l’aide aux plus méritants en vue de réaliser la justice sociale. Les députés ont tantôt appelé au renforcement du mécanisme de contrôle des marchés pour mettre un terme à la flambée des prix, tantôt à mettre la question du pouvoir d’achat au cœur des politiques publiques afin de rétablir la confiance en l’Etat.
Le sujet est d’autant plus chaud qu’il faut des réponses convaincantes afin de crever l’abcès d’une inflation qui signe son grand retour depuis maintenant quelques mois. Les réponses du Premier ministre, prévues jeudi, devraient esquisser les mesures que l’Exécutif compte mettre en place afin de freiner l’érosion du pouvoir d’achat à la fois des ménages et des entreprises, étant donné que la montée de l’inflation menace également la trésorerie de ces dernières. L’Exécutif sait que la situation est carrément sur le fil du rasoir. Ce n’est pas pour rien que le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, est intervenu dans l’avant-dernier Conseil des ministres, appelant son gouvernement à redoubler d’efforts afin de maîtriser l’inflation. Dans son plan d’action, présenté, lundi, aux membres de la chambre basse du Parlement, dont les débats se sont poursuivis hier, le gouvernement souligne au crayon-feutre l’engagement de l’Etat en faveur du renforcement du système national de sécurité sociale et la consolidation du pouvoir d’achat des citoyens. Entre autres mesures prévues dans le plan d’action en faveur de l’amélioration du pouvoir d’achat, le gouvernement compte engager une évaluation des niveaux de salaires dans le secteur économique et la Fonction publique. Il s’agit de mettre en place des «indicateurs pertinents sur la détermination des rémunérations et analyser les enjeux en vue de permettre au gouvernement de mener une politique salariale conciliant les dimensions sociales et économiques et orientée vers l’efficience, l’efficacité, la cohésion sociale et l’égalité des chances».
Il sera également question d’instituer une allocation chômage au bénéfice des chômeurs primo demandeurs d’emploi, sans revenu. Concernant la catégorie des retraites et bénéficiaires de petites pensions, qui semble la plus affectée par les hausses des prix, le gouvernement promet d’engager la réflexion sur la création de la branche retraite complémentaire pour améliorer le pouvoir d’achat des retraités et contribuer au redressement des équilibres financiers de cette branche. L’autre réflexion porte sur l’augmentation de la contribution des mutuelles sociales dans le cadre du système national de sécurité sociale, à travers le renforcement de son rôle en tant que système complémentaire.
A travers ces mesures, l’Exécutif compte introduire des mécanismes structurels de protection sociale. Mais il est surtout attendu sur les questions conjoncturelles qui mettent la trésorerie des ménages à rude épreuve, dont l’inflation et l’érosion du pouvoir d’achat, les salaires… <