Tout en saluant l’annonce des décisions prises par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour soutenir et relever le pouvoir d’achat des employés de la Fonctions publique, le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), Lyes Merabet, contacté hier par téléphone, a confié qu’«on aurait souhaité une concertation et un dialogue établi entre le gouvernement et les syndicats pour discuter justement des détails de cette décision».

Par Sihem Bounabi
Il ajoute : «On aurait souhaité ne pas faire dans la critique par rapport à l’annonce faite par le gouvernement, malheureusement, on ne nous a pas laissé le choix. Certes, c’est une bonne chose de relever le point indiciaire mais à quel taux ?»
Il souligne, ainsi que si les partenaires sociaux avaient participé aux négociations et aux discussions avec le gouvernement, «en tant que syndicat nous appelons à une augmentation de 100%, le point indiciaire passe de 45 à 9O DA, soit le double, parce que tout simplement nous avons perdu durant ces dix dernières années au minimum 50% de la valeur de nos salaires. Ainsi, si on veut ramener le pouvoir d’achat des travailleurs à un niveau acceptable, il faudrait doubler le point indiciaire actuel».
Concernant, l’annonce de la révision de l’IRG au profit des travailleurs, Lyes Merabet estime que là aussi il y a matière à discuter. On se demande pourquoi cela n’a pas fait l’objet d’un dialogue ou d’une négociation avec les syndicats ? Il souligne ainsi que «la question qui se pose aujourd’hui est quels sont les salaires concernés par cette baisse de l’IRG et quel est le niveau de cette baisse ?»
Concernant les propositions du syndicat sur cette problématique de l’IRG, Lyes Merabet explique que «nos propositions vont être évaluées par rapport à la valeur qui va être proposée au point indiciaire. « D’où l’importance, encore une fois soulevée par notre interlocuteur, sur l’importance de la concertation et de la négociation entre les partenaires sociaux et le gouvernement. Il souligne ainsi que « s’il y a une augmentation de 100 % de la valeur du point indiciaire, on peut considérer qu’une diminution de l’IRG à 10 ou 15% serait acceptable», enchaînant que «si ce n’est pas le cas et que le taux est moins de 100% d’augmentation du point indiciaire, on va demander une diminution de l’IRG au minimum de 25 à 30 %.
A propos des revendications sociales concernant le pouvoir d’achat, le président du SNPSP a souligné que la question du pouvoir d’achat ne se résume pas seulement à l’aspect financier et au niveau des salaires.
Il précise à ce sujet que «le pouvoir d’achat c’est aussi la possibilité d’accéder à d’autres prestations qui ne sont pas directement pécuniaires, mais une nécessité pour le citoyen, comme l’accès aux soins, aux transports et même aux loisirs ainsi qu’à des prestations qui relèvent du service public».
Il ajoute que «la question des loisirs est devenue aujourd’hui un luxe pour la majorité des travailleurs, alors que dans d’autres sociétés cela relève des besoins élémentaires et vitaux». Lors de son intervention sur de Chaîne III, le président du SNPSP, Lyes Merabet, a, en outre, demandé une fonction publique spécialisée pour le secteur de la santé pour plus d’efficacité. Il appelle également à concrétiser ce qui a été acquis et mis en place par des décisions annoncées par le président de la République. Ceci à l’instar du dossier covid, notamment sa reconnaissance comme maladie professionnelle, la prime trimestrielle, le dossier de retraite, l’assurance maladie à 100% et la prime de décès, qui a été décidée pour les familles qui ont perdu un professionnel de la santé. <