Par NAZIM B.
Le Parti des Travailleurs (PT) a exprimé, une nouvelle fois, son inquiétude quant à la détérioration de la situation sociale des Algériens, aggravée par le contexte de la pandémie de la Covid-19 et ses répercussions. La formation politique de Louisa Hanoune s’inquiète également de l’asphyxie des entreprises.
Sur la base des statistiques de l’Agence nationale de l’emploi, le PT fait observer que le nombre de demandeurs d’emploi, en 2021, a atteint les 2 millions, tandis que l’offre ne dépasse pas 1,5%, évoquant également le phénomène des harraga qui atteste de «l’ampleur de la détresse des jeunes». Le PT considère dans ce sens que «tous les indicateurs sur le plan social sont au rouge et annoncent des explosions incontrôlables», alerte le comité central du PT, reprochant au gouvernement d’avoir décrété « la suppression des transferts sociaux dans la loi de finances 2022, ce qui signifie la suppression du soutien de l’Etat à 14 produits de base dont dépend la survie de 85% de la population».
Pour le parti de gauche, «l’augmentation du chômage est sans précédent dans tout le pays, en raison de l’asphyxie de nombreuses entreprises publiques et privées, dans l’industrie et les services, de la suspension des activités du tourisme et l’arrêt de l’activité pour la moitié des travailleurs indépendants. Ce qui a entraîné la perte d’au moins 2 millions d’emplois, tandis que la loi de finances de 2022 ne prévoit la création d’aucun poste d’emploi dans la Fonction publique». Le PT déplore, dans ce sens, «la souffrance des travailleurs qui n’ont pas perçu leurs salaires depuis environ un an, comme c’est le cas pour ceux de l’usine et de la briqueterie dans la wilaya de Mostaganem».
Dans les griefs retenus contre l’Exécutif de Benabderrahmane, le PT a pointé la hausse des prix, citant la pomme de terre dans la wilaya de Tébessa, par exemple, qui a atteint 250 DA/kg suite à la fermeture des frontières, la spéculation et l’absence de contrôleurs des prix. «Dans le même cadre, le gouvernement a décidé de réduire de 42% l’aide du Trésor public au secteur du logement, mais aussi à celui de la santé de 9%, soit 131 milliards de dinars, alors que la situation sanitaire devient de plus en plus fragile et dangereuse», a-t-il encore déploré.
Le PT se dit ainsi «étonné» du retour à la politique qui a instauré le pillage étranger de nos richesses nationales au cours, surtout, de ces deux dernières décennies, exposant notre pays aux risques des crises financières internationales du fait de la privatisation des banques, mettant en garde que «cette politique est similaire à la politique appliquée en Egypte à la fin des années 1970 et les années 80. Les Egyptiens appelaient la politique de soumission, sauf que le gouvernement actuel de notre pays a choisi cette approche de sa propre volonté et non par contrainte du FMI, qui a exprimé sa satisfaction, ce qui confirme le caractère antinational et antipopulaire de l’orientation actuelle».
En ce qui concerne la suppression de la Taxe sur l’activité professionnelle (TAP) pour les collectivités locales, le PT a considéré que «ce désengagement de l’Etat va détruire l’unité et la continuité de la République en
creusant les disparités entre les communes. Il menace de disparition les entreprises communales, confrontées à un déficit financier dû à la baisse des revenus de la TAP, surtout depuis 2015, date à laquelle elle a été réduite de 50% ainsi que la baisse des aides de l’Etat».
S’agissant du volet politique notamment dans le registre des libertés publiques, le PT estime que «la politique de répression et l’utilisation de la justice, pour étouffer les droits et libertés, intimider et terroriser, vise, d’une part, à imposer la poursuite du système politique que l’immense majorité a répudié et, d’autre part, en prévision du mécontentement que pourrait exprimer la majorité du peuple face aux conséquences meurtrières de la loi de finances 2022». <